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MARY
d’Abel Ferrara
Par Cécile GIRAUD

SYNOPSIS : Mary s’inspire de la mythique Marie-Madeleine, disciple de Jésus. Ce récit évoque trois personnages liés par son esprit et son mystère...
Mary Palesi, actrice, l’incarne pour le cinéma et reste imprègnée par ce personnage. Tony Childress, réalisateur, joue Jésus Christ dans son propre film. Ted Younger, célèbre journaliste, anime une emission sur la foi. Entre fascination et quête spirituelle, le destin les réunira...



Le titre en lui-même devrait ôter à tous l’envie de critiquer Mary d’un point de vue religieux, car il s’agit bien de Mary et non de Marie-Madeleine. Mary, c’est la comédienne qui interprète le rôle de Marie-Madeleine dans un film dans le film, réalisé par Tony Childress, (Matthew Modine).

On ne peut s’empêcher de projeter en Matthew Modine l’image de Ferrara, impuissant peut-être à faire un film sur Marie-Madeleine, au risque de devenir totalement fou. Il préfère se raccrocher à notre époque, à la ville qu’il aime filmer encore et encore, et aux buildings qui la composent.

Il n’est pas seulement question d’humain, d’âme et de foi dans Mary, peut-être n’en est-il pas question du tout, tant y est liée la matière, le corps, la chair. Ferrara est un cinéaste chez qui tout est matière. Il filme la lumière qui s’accroche à la peau de Marion Cotillard, nue, allongée, lascive dans son sommeil. Il pose délicatement sa caméra sur elle, semble même la caresser, mais conserve une forme de pudeur qui a toujours été sienne malgré la violence du sang et du sexe qu’il filme souvent.

De religion, il en était question en quelque sorte déjà dans L’Ange de la Vengeance, dans lequel une jeune femme étant été violée établie un rituel macabre contre les hommes et finie par se déguiser en bonne sœur. De foi, il en était question dans The addiction, de croyance dans Bodysnatchers, et toute la filmographie de Ferara s’illumine à la vue de Mary : tous ses films sont des œuvres religieuses, tant il filme ses personnages comme des anges déchus, tant ils cherchent une Vérité à leur existence, et tant ils sont désespérés. Déjà dans Bodysnatchers il fallait scruter le ciel, d’où émanait la puissance. Ce ciel menaçant s’est transformé dans Mary. On ne cesse de le regarder, mais il est caché par les buildings immenses, et l’on en attend une réponse qui, finalement, vient de la terre.