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27e FESTIVAL
TROIS CONTINENTS

du 22 au 29 novembre 2005
Nantes

Compte Rendu
Par Donald JAMES

Pendant la 27e édition du Festival des trois continents, du 22 au 29 novembre 2005, il ne faisait aucun doute - pour moi - que le grand prix de la compétition fiction, la Montgolfière d’or, reviendrait à La Saveur de la pastèque de Tsai Ming-liang, et qu’aucun film à l’exception d’Un jour parfait de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas n’a pu talonner. Surprise : le prix a été attribué à La Chute de l’ange du Turc Semih Kaplanoglu.



Qu’est-ce que le cinéma ? Une île ?

La Chute de l’ange s’inspire d’un fait divers au cours duquel une jeune femme de condition modeste se débarrasse de son père alcoolique qui entretiendrait avec elle des rapports incestueux, à grand renfort de séquences intérieures noyées dans l’obscurité, d’une photographie extérieure dont le maître étalon serait Uzak de Nuri Bilge Ceylan, ainsi que d’ellipses et de processions diégétiques impénétrables (montage parallèle, flash back, flash forward, séquences oniriques ou symboliques). Dans ce deuxième long métrage, Semih Kaplanoglu s’attache à démontrer plutôt qu’à montrer, favorisant la construction au détriment des personnages, du jeu des acteurs et du sens (images-valises et dialogues-de-comptoir). Au bout d’une heure quarante passée dans ces volutes et ces circonvolutions formelles il ne reste pas grand-chose de cette Chute de l’ange sinon un-je-ne-sais-quoi d’un film à la manière de, un vaste déroulé de pellicule sans âme convoitant un flirt avec les spectres du grand Cinéma.

Une compétition de qualité

Reste que dans son ensemble, la livraison de la compétition fiction était de bonne qualité. Remarquables intentions et inventions de mise en scène de Play, le premier film de la réalisatrice chilienne Alicia Scherson. Play plonge le spectateur dans un univers claustrophobe et pittoresque du début de l’âge adulte. On pense à Hal Hartley. À découvrir. Il ne fallait pas non plus passer à côté de L’Adolescent  : un film hors du temps venu d’Ouzbékistan avec son personnage touchant et juste, savamment filmé comme à l’époque glorieuse de la VGIK par Yolkin Tuychiev. En revanche le très attendu Réflexions, produit par Hou Hsiao-hsien et réalisé par Yao Hung-i, sorte de Jules et Jim asiatique sous influence Millenium Mambo, met en avant deux jeunes femmes collées à leurs téléphones portables et droguées à leur trousse de maquillage et déçoit. Les autres films ne font ni de mal, ni de bien. On pourra donc faire l’économie du croquignolet Sayonara midori-chan du Japonais Tomoyuki Furumaya, de Mon meilleur ennemi du Chilien Alex Bowen Carranza, sorte de frère jumeaux du Joyeux Noël de Christian Carion, de Café Transit de Kambozia Partovi sorte de Bagdad Café iranien et de la chorba mielleuse du Prince qui contemplait son âme, du Tunisien Nacer Khemir.