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GUY-CLAUDE ROCHEMONT
Administrateur de la Cinémathèque de Toulouse
Interview réalisé en mai 2005 par Nicolas REYBOUBET

Critique, animateur de ciné-clubs ou directeur de cinémathèque, Guy Rochemont a participé à l’aventure cinéphilique Toulousaine depuis le premier rang. Bonhomme érudit au parlé franc il ne se fait pas piéger par les discours pompeux, démonstratifs et ennuyeux dont nous accoutument certains conférenciers. Guy, à l’inverse, place la transmission ludique et passionnée au cœur de ses paroles. Un homme qui vous rassure sur le cinéma.



LE PROBLEME DE LA TRANSMISSION

Guy-Claude Rochemont : ... mais il faut d’abord recevoir le choc de l’œuvre ! Une fois qu’on a le choc de l’œuvre on peut dire j’aime pas, on peut dire j’aime. Quand on dit ces deux choses-là, il faut véritablement fouiller, regarder partout d’où ça vient ? Être en alerte. Être toujours, toujours en alerte. Par exemple je vais aider des élèves de terminale pour leur Bac Littéraire. Ils ont Le Procés de Kafka tourné par Welles. J’ai relu Kafka, que j’avais lu quand j’avais 17 berges, auquel je n’avais rien compris. J’avais beaucoup aimé. Ça m’avait effrayé. J’ai relu, j’ai trouvé autre chose. Cette semaine, avant de revoir Le Procés de Welles je vais regarder le Kafka de Soderberg, Spider de Cronenberg, tout un tas de truc qui dans ma tête me disent : « l’emprisonnement, la toile d’araignée, l’enfermement, la peur dans le cinoche » et trouver des corrélations et me demander ce que je vais pouvoir leur raconter. Je vais leur proposer des ouvertures. Et dans la discussion voir ce qu’ils ont vu et que j’ai peut-être pas vu et rebondir, les sortir du sujet de baccalauréat. Également leur dire d’aller voir la peinture allemande de la fin du XIXe, le romantisme allemand, de regarder d’où vient Kafka ?


Objectif Cinéma : C’est important pour vous cette transmission ?

Guy-Claude Rochemont : Ah oui ! Extrêmement ! J’ai eu la chance d’avoir été élève à Toulouse au Lycée Bellevue, qu’on appelait à l’époque le lycée « pilote » et où nous n’étions que 8 ou 9 par classe. Il y avait 3 lycées comme ça en France, qu’on lançait pour faire une expérience, ça a duré une génération et demie, mais ça revenait effroyablement cher à l’état, donc ça c’est arrêté. On faisait de tout, on faisait du théâtre, on était toujours dehors, à aller au cinéma. Il y avait des ciné-clubs gigantesques à l’époque.