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Objectif Cinéma : Justement, parlez-moi de comment vous est venue la fièvre du cinéma ?

Guy-Claude Rochemont : On habitait en Martinique et il y avait un cinéma en face de la maison, le Pax, ma mère connaissait les ouvreuses, ce qui fait que tout môme je commençai à aller au cinoche. Je traversais la rue. Mon premier souvenir de cinéma est un film qui doit être une infamie à voir aujourd’hui, ça s’appelait : Les Deux Gosses, je pense que ça doit être un navet colossal. Je voyais énormément de films de tous genres, des films de gangsters, d’épouvante, des mélos et des westerns, c’est de ce gavage d’images, non des livres, des revues, des critiques qu’est issue ma connaissance du cinéma.

Ce qui fait que des années après, quand on me disait que Ford était grand et que je me rappelais des titres, j’étais assez fier d’avoir aimé et de les avoir découvert tout seul. C’est étonnant Walsh, c’est énorme Chaplin mais avec cette manie de la hiérarchie, de la classification on oublie les autres, on ne va pas voir les Leisen, les Pevney, les Keighley et tant d’autres qui ont réalisé les purs chef-d’œuvres, on oublie trop souvent la série B ; les petits-maîtres ça vaut le coup. Pour moi, le cinéma il faut que ce soit un spectacle qui vous fasse peur, qui vous fasse rire, qui vous fasse pleurer, c’est du plaisir, ce n’est pas de la glose.

Ce qui me gêne un peu au cinéma... c’est... Bon ! J’ai une formule qui est méchante un peu, c’est : « je ne vais pas voir, en général, le film Télérama. » (un sourire s’esquisse sur son visage). Tout le monde me dis : « c’est bon », je vois pas pourquoi je vais y aller. Je vais voir autre chose, je vais voir beaucoup de chose, et puis c’est moi qui me fait mon opinion... et pas Télérama, ni les autres.

Bon, donc le cinéma j’ai commencé à y aller très jeune, puis quand je suis arrivé au lycée deux ciné-clubs existaient à Toulouse, l’un plus tournés vers le bourgeois, l’autre vers les lycéens et les étudiants.


Objectif Cinéma : Ca a été la période où vous avez commencé à vous occuper de ciné-clubs ?

Guy-Claude Rochemont : Oui j’ai commencé à m’occuper de cinéma pour les autres, aller dans les salles faire des présentations, écrire des fiches d’analyse de films pour aider les animateurs. Les cathos en faisaient aussi, c’était la mode.

Il y avait un ciné-club créer après guerre grâce à un personnage à qui on n’a pas rendu hommage à Toulouse, un professeur de physique Roger Clerc. C’est lui qui a mis en place le Ciné-club de la Jeunesse, un lieu fantastique. A l’époque, le jeudi, il n’y avait pas classe, à peu près une dizaine d’autobus, dans toute la ville, ramassaient les lycéens et les déversaient dans cinq ou six salles où on leur présentait courts-métrages et films avec présentation et discussion. Ça a duré des années. Ce CCJT recouvrait trois sections les cadets, les juniors et le Ciné-club des Langues Vivantes, c’était un des moyens permettant de voir les versions originales, qui circulaient très peu alors. C’est ce formidable ciné-club qui est à l’origine du Cinéma ABC à Toulouse.