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LUTHER
d’Eric Till
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Luther abandonne ses études de droit pour rejoindre un monastère Augustin. La vie au monastère n’a rien d’austère pour Luther qui, conduit par sa foi et une étude étroite de la Bible, commence à mettre en cause la pratique religieuse en vigueur. Luther expose ses 95 thèses sur le parvis de l’église de Wittenberg, ce qui va créer un courant réformateur. Luther est excommunié et banni par l’Empereur Charles V et le pape Léo X. Luther, en perpétuel danger de mort, son combat spirituel tourne au bain de sang et cherche une solution de mettre fin à cette agitation.



Le 2 juillet 1505, Martin Luther est surpris en rase campagne par un terrible orage. Effrayé, il manque être foudroyé. Il (se) promet alors - on a tous proféré un jour ou l’autre ce genre de paroles en l’air - de se faire moine s’il s’en sort sain et sauf. Sauf qu’une fois (en) sorti sauf - pas forcément sain d’esprit -, traumatisé par cet événement et par d’autres dont nous n’avons pas idée mais qui, d’après Sigmund et Sherlock, se situent forcément dans sa tendre enfance (on sait qu’il a reçu une éducation très-très dure, mais c’était chose courante à l’époque et cela n’explique pas tout du personnage), hypersensible, exalté, lui, contrairement à nous, tient parole : on le retrouve ainsi, deux semaines plus tard, au couvent des Augustiniens d’Erfurt où il cherche à atteindre la pureté absolue au moyen de l’ascèse et des mortifications. Il y étudie puis enseigne la théologie, est ordonné prêtre en 1507, devient docteur en 1512 puis occupe la chaire d’enseignement de la Bible à Wittenberg, où il devient bientôt également prédicateur.

Le film fait remonter les idées réformatrices de Luther à un séjour qu’il fait à Rome en 1510-1511 (voyage qui est présenté comme un pèlerinage incognito de va-nu-pieds ; il semble qu’il s’y soit rendu en réalité en mission tout ce qu’il y de plus officielle), ce qui est loin d’être évident, les abus qu’il a pu y observer (trafic d’indulgences, débauche, adoration des idoles, etc.) ne l’ayant apparemment pas marqué outre mesure à ce moment-là. Ce serait plutôt de sa lecture des textes sacrés et, en particulier, des épîtres de Paul qu’il tire ses réflexions sur la notion de grâce divine.

Il s’oppose alors à la pratique des indulgences permettant d’acheter des grâces, de supprimer tout exercice pénitentiel en échange de subsides, de réduire les délais de purgatoire (« une pièce de monnaie et une âme sort du purgatoire », dit le slogan du Séguéla de l’époque, le moine dominicain et publicitaire Tetzel), met en cause le petit commerce de pardons monnayés comptant et les marchands du temple qui, curieusement, à l’intérieur même de l’Eglise, exploitent l’ignorance et la crédulité des fidèles, ou les fétichistes qui utilisent les reliques plus ou moins authentiques à des fins touristiques lucratives, pour vanter déjà, plus de quatre siècles avant les premiers congés payés, des régions comme la Costa Brava - « En Espagne, on a enterré 18 des 12 apôtres », souligne ironiquement Luther dans un de ses prêches qui dans le film prend la forme d’un show de stand-up comedy. De même, il ne comprend pas que l’Eglise refuse d’enterrer dignement un suicidé et il décide de mettre la main à la pâte et de lui creuser lui-même une tombe dans l’enceinte du cimetière.