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MORT A L’ARRIVEE
de Rudolph Maté
Par Jérémy CHATEAU

SYNOPSIS : Un homme d’affaires apprend qu’il a été volontairement empoisonné par un poison lent contre lequel il n’existe aucun antidote. Les quelques heures qui lui restent vont être consacrées à démasquer le coupable...


POINT DE VUE

Longtemps inédit en France, Mort à l’arrivée, edité en DVD chez Bach Films, propose pourtant l’une des intrigues les plus fameuses du film noir. La scène du commissariat, en particulier, demeure célèbre pour cette réplique astucieuse prononcée par le héros, Frank Bigelow (« Je viens vous signaler un meurtre... le mien ! »), amorce de polar idéale tant affluent les promesses d’action et de mystère, sur un fond particulièrement crépusculaire.

Le premier acte, qui se noue lorsque la toxine se révèle à sa victime, cache derrière son indolence deux des instants les plus réussis du film. Le premier lorsque Bigelow ingurgite le poison dans un bar, tandis qu’un orchestre de jazz se déchaîne sur scène, affolant littéralement l’audience : un bel instant, fiévreux et excessivement symbolique, durant lequel sont capturés quelques soli de cuivres et de batterie. Le second lorsque Bigelow s’enfuit de l’hôpital, où l’on vient de lui annoncer sa mort imminente : il arpente alors à toute vitesse les rues de San Francisco au gré de longs plans volés, puis trouve refuge derrière un kiosque affichant narquoisement une dizaine d’exemplaires du magasine... Life.

Dès lors, le film s’affranchit de toute structure pré-établie. Il n’y a pas de suite au premier acte, seulement une enquête tourbillonnante aux ramifications parfois confuses, durant laquelle Bigelow affronte trahisons, traquenards et autres documents falsifiés. Le fond de l’histoire importe d’ailleurs assez peu : Mort à l’arrivée s’attache avant tout à suivre un homme banal, soudain résolu à donner un sens à un trépas résolument absurde. L’épilogue, bien qu’attendu, est à ce titre doucement cruel.