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D.R
FRANÇOIS JAUBERT
Acteur, réalisateur,
comédien et directeur artistique en doublage
Entretien réalisé
par Thierry ATTARD
Remerciements spéciaux
à Jacques Barclay et à tout le personnel de Libra Films

François Jaubert est un des plus grands professionnels européens de l’industrie du doublage francophone en activité. Ce comédien et directeur artistique en doublage modeste, discret et efficace, domine avec une impressionnante virtuosité les différentes étapes artistiques et techniques d’une version française.

Et ce n’est pas un hasard. Cet acteur formé au théâtre, qui a tourné pour de grands réalisateurs de cinéma ou de télévision, est aussi réalisateur, scénariste, auteur de théâtre et il fut également producteur de cinéma (Le Solitaire, avec Hardy Krüger et Raymond Pellegrin - entre autres). Il double actuellement l’acteur américain Dennis Farina dans la série New York District/New York Police Judiciaire (diffusée sur TF1), sans doute sa prestation en doublage la plus personnelle et la plus réussie.



D.RLa Gazette du doublage : François Jaubert, merci d’avoir accepté cette entrevue. Avant de choisir de devenir comédien vous avez fait des études de droit. De quand date votre vocation d’artiste ?

François Jaubert : A vrai dire, j’avais 6 ou 7 ans lorsque j’ai joué dans une pièce sur les pirates. J’ai peu de souvenirs de mon enfance mais celui-là je me le rappelle très bien. Néanmoins pour faire plaisir à mes grands-parents, qui m’ont élevé parce que mes parents sont morts pendant la guerre, j’ai fait des études dites « sérieuses ».

En fait j’ai fait le conservatoire pendant ma maîtrise de droit et j’ai été professeur deux ans pour faire plaisir à ma famille puis j’ai prévenu mes grands-parents que j’avais décidé d’aller à Paris faire du théâtre.

La Gazette du doublage : Après le conservatoire de Rouen, vous avez suivi le cours Tania Balachova. Pouvez-nous dire quelques mots des enseignements qui y étaient dispensés et de la méthode adoptée pour abordé le métier de comédien ?

François Jaubert : Tania Balachova était une femme extraordinaire. Sa méthode était différente de celle de Stanislavski mais très slave tout de même, très intérieure. Son exercice préféré était de nous donner à chacun des textes - je me souviens qu’elle m’avait donné la tirade de Ruy Blas - que nous devions travailler dans des humeurs complètement différentes. Et il fallait faire passer telle ou telle émotion (par exemple, « votre mère vient de mourir ») avec des mots qui n’avaient rien à voir.

La Gazette du doublage : De ces enseignements quelle est selon vous la chose la plus essentielle et que vous utilisez encore aujourd’hui dans votre vie professionnelle ?

François Jaubert : Peut-être bien une rapidité à rentrer dans un personnage.

La Gazette du doublage : Quels furent vos premiers engagements au théâtre ?

François Jaubert : Le tout premier c’était Les Cenci, d’Antonin Artaud, à Caen dans le cadre du théâtre universitaire. Je jouais Orsino et je dois reconnaître que j’ai eu la plus belle critique que j’ai eu de ma vie. On a eu le premier prix...