Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

AMARCORD
de Federico Fellini
Par Sarah FASCETTI


LA MUSICALITE FILMIQUE D’AMARCORD

Je ne peux travailler qu’au moyen du souvenir, à travers l’essentialité dans laquelle la mémoire des choses fonctionne. Je peux le faire seulement à travers le filtre du souvenir qui décante, décompose, va au coeur des choses. Fellini

Fellini évoque dans ce film ses souvenirs, son enfance dans un bourg en Italie. La musique et la bande-son en général, jouent un rôle prépondérant dans la création de cet univers. Le titre du film renvoie à « A m’arcord » qui signifie en romagnol « je me souviens ». Fellini dira à ce propos : « Le titre du film ne veut absolument pas dire « je me souviens », c’est un petit mot bizarre, un carillon, une cabriole phonétique, un son cabalistique, la marque d’un apéritif, pourquoi pas ? ».(1) On conçoit l’importance du son pour le cinéaste dans la réminiscence des souvenirs.

Etudier la bande-son fait apparaître les moyens mis en oeuvre au niveau du son, ainsi que découvrir comment ils participent à l’unicité de l’oeuvre, à son univers spécifique, à son originalité. La bande-son sera analysée successivement à travers la musique, les bruits et l’ambiance, puis la parole et les voix.

La musicalité filmique est créée par une utilisation spécifique du rythme, du montage et de la narration, des gestes des acteurs et de la danse.

Le son ne joue pas le seul rôle d’illustrateur des images, mais concourt à la création de l’oeuvre. Il participe à la conception d’espaces, de temporalité et de thèmes.

Amarcord nous entraîne dans une danse, un voyage. Le spectateur se laisse emporter, par les images et les sons, vers un univers onirique qui exhale une musicalité propre.

I - CARACTERISTIQUE DE LA BANDE SON

La bande-son de ce film révèle un traitement original qui participe à la création de l’univers fellinien, et plus spécifiquement au caractère unique de cette oeuvre.

Musique

La musique d’Amarcord a été composée par Nino Rota. Fellini et Rota formèrent un tandem à l’image de celui de Eisenstein-Prokofiev, Hitchcock-Hermann. Cette collaboration heureuse met en évidence deux notions qu’il est nécessaire de distinguer. Michel Chion dans La musique au cinéma différencie « le concept musical » et « le style du compositeur ». Prenant justement pour exemple le tandem Fellini-Rota, il précise que Rota n’écrivait pas de la même manière pour Fellini ou Visconti ou bien encore pour Coppola. Il écrit : « D’ailleurs, la collaboration de Fellini-Rota est différente selon les films, et des oeuvres comme Il Bidone, Casanova, et Prova d’Orchestra » recourent à trois styles musicaux nettement différents ».(2) Ainsi Rota à un style particulier même s’il est à même de composer dans des genres différents. Michel Chion poursuit en précisant qu’à la mort de Rota, les partitions de Fellini (La Cité de femmes, Ginger et Fred par exemple) , « sont d’esprit fellinien plus que rotesque », tout en citant certaines des figures créées par le compositeur disparu »(3). Ces considérations font apparaître que le compositeur de la musique d’un film a un style propre mais qu’il met celui-ci au service du concept musical de l’auteur du film.