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CEDRIC KLAPISCH
Réalisateur
Entretien réalisé
le 23 janvier 2006
aux Rencontres Internationales du Cinéma de Patrimoine et de Films Restaurés de Vincennes
Par Marc LEGRAND

DE L’IDEE A L’ECRIT

La toute première édition des Rencontres Internationales du Cinéma de Patrimoine et de Films Restaurés s’est déroulée à Vincennes le lundi 23 janvier 2006. Un Trophée Henri Langlois était notamment remis au réalisateur Cédric Klapisch, que nous avons pu rencontrer au cours de cette journée. L’occasion de revenir avec lui sur la naissance de ses films : de l’idée à l’écrit. Entretien express avec un cinéaste populaire ayant les pieds sur terre...



Objectif Cinéma : Comment naît en vous l’idée du film ? D’une anecdote, d’un fait de société ?

Cédric Klapisch : Ca peut être absolument n’importe quoi. Je crois que c’est Fellini qui disait que ça peut être une note de musique, un parfum... Je crois que ça va jusque là. On peut partir d’une idée, d’un fait divers... Moi quand j’ai fait Chacun cherche son chat, c’est une amie qui m’a raconté qu’elle avait perdu son chat, que gardait une vieille dame, et finalement son histoire m’a plu. Je cherchais un film à raconter sur Paris et finalement je me suis dit que cette anecdote était pratiquement ce que je trouvais de mieux pour en parler : comment cette fille qui perd son chat va finalement rencontrer son quartier, ce qu’elle n’avait pas vu autour d’elle, tout simplement parce qu’elle a perdu son chat. Donc voilà, ça peut partir d’une histoire qu’on vous raconte.

Quand j’ai fait L’Auberge espagnole, c’était le mélange du fait que j’avais été étudiant à New York en cinéma, avec le fait que ma sœur a fait des études Erasmus. J’ai eu l’idée de parler de l’évolution de l’Europe, de cet âge-là quand on est étudiant, et du voyage. Donc, ce sont des mélanges. J’ai l’impression que quand on écrit un scénario, on trouve une bonne boîte qui va ranger tous les désirs qu’on a : des désirs visuels, des désirs d’acteurs, des désirs de message social... Ca peut être plein de désirs et on essaye à la fin qu’il y ait une seule boîte.


Objectif Cinéma : Ecrivez-vous seul ou en collaboration ?

Cédric Klapisch : J’ai fait les deux. Il y a trois films que j’ai écrits seul qui sont Chacun cherche son chat, L’Auberge espagnole et Les Poupées russes. Tous les autres je les ai écrits avec des scénaristes et c’est très différent, finalement, d’écrire avec des collaborateurs. Parce que j’ai l’impression que sur les trois films que j’ai écrits seul, je ne suis que sur le désir, justement, alors que le désir est « tempéré » par les autres. Et parfois c’est positif, parfois ça ne l’est pas : c’est ça qui est compliqué. Suivant les projets, c’est bien d’avoir une sorte de censure, de garde-fou, qui évite la complaisance, qui évite plein de défauts qu’on peut avoir soi-même ; c’est bien d’avoir une altérité dans le travail d’écriture... Il faut toujours trouver la balance entre ce qui est personnel et ce qui est destiné aux autres : c’est compliqué à trouver.