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DVD

LE CHEVALIER BLANC

de Giacomo Gentilomo
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Lors d’un rude hiver, une femme mourante confie son enfant au nain Mime (Alberto Cinquini). Le jeune Siegfried (Sebastian Fischer) est ainsi élevé en pleine nature par une caste de forgerons. A l’âge adulte, il se forge lui-même son épée, et part défier un dragon gardant le fabuleux trésor des Nibelungen, les nains habitant les mondes souterrains. Ayant vaincu la bête, Siegfried se baigne dans son sang pour acquérir l’invincibilité. Malheureusement, une feuille collée sur son dos cache une partie de son corps qui devient par conséquent son point faible. Muni d’un filet magique pouvant le rendre invisible, le jeune homme se rend en terre Burgonde, à la cour du roi Gunther (Giorgio Constantini) et y tombe amoureux de sa sœur, la belle Krimhilde (Ilaria Occhini). Battu en duel par Siegfried, le chevalier Hagen (Rolf Tasna) se voue dorénavant à sa perte, ainsi qu’à l’acquisition du trésor des Nibelungen. Hagen persuade le roi Gunther de demander l’aide surnaturelle de Siegfried pour conquérir la main de la reine Brunhilde d’Islande (Katharina Mayberg).



POINT DE VUE

SIEGFRIED ET MACISTE

Comme Les Nibelungen (1924), le film muet en deux partie de Fritz Lang, Le Chevalier Blanc s’inspire de l’épopée allemande des Nibelungen. Ecrite en Autriche au début du XIIIe siècle et constituée de trente-neuf chants, cette œuvre fut immortalisée par le musicien Richard Wagner (1813-1883) qui en tira une Tétralogie : L ‘Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried, Le Crépuscule des Dieux. Le réalisateur italien Giacomo Gentilomo (1909-2001) utilise d’ailleurs à bon escient la musique de Wagner sans que celle-ci n’écrase l’ensemble. Son film fait moins penser à un opéra médiéval qu’aux péplums qui jalonnèrent ensuite sa filmographie, comme Maciste contre le Fantôme (1961) et Maciste contre les Hommes de Pierre (1964). Adapté à la mode italienne, Siegfried l’étincelant héros allemand présente une certaine similitude avec le surhomme Maciste, personnage invincible, voyageant à travers les époques, apparu dans le cinéma italien à partir de Cabiria (Giovanni Pastrone, 1914), pour ensuite retrouver une seconde jeunesse dans les années cinquante et soixante. Siegfried et Maciste évoluent de concert dans un univers un peu kitsch où ils mettent leur force colossale au service du bien.

LA PUISSANCE, MAIS PAS L’INTELLIGENCE

Il faut avouer que le côté primesautier de Siegfried est assez ridicule, surtout au début du long-métrage lorsque Sebastian Fischer, manifestement teint en blond, se met à gambader dans la nature, simplement vêtu de peaux de bêtes ! Après avoir vaincu le dragon et s’être rendu chez le roi Gunther, Siegfried en devient le favori, ce qui provoque l’ire du chevalier Hagen, symboliquement habillé en noir. Le récit prend alors une tournure dramatique, lorsque Hagen se comporte à l’égard du brave roi Gunther, comme le faisait Iago avec le Maure de Venise Othello dans le drame de Shakespeare. Hagen se présente en dévoué conseiller pour mieux provoquer la désolation dans l’entourage de son roi. En se baignant dans le sang du dragon, Siegfried a certes gagné la quasi-invulnérabilité, mais n’a malheureusement pas acquis l’intelligence ! La preuve en est donnée lorsque le héros fait innocemment la bêtise de déclarer qu’il n’est pas totalement invincible au fourbe Hagen. Il ne reste plus à Hagen qu’à convaincre Krimhilde de lui divulguer précisément l’emplacement du point faible de l’homme qu’elle aime. Hélas ! Krimhilde n’est pas plus maligne que son amoureux et ira même jusqu’à coudre une croix à l’endroit sensible, en croyant béatement que Hagen en protégera de plus belle Siegfried lors d’une chasse à courre !