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PANIQUE
DANS LA RUE

d’Elia Kazan
Par Damien ZIEGLER

SYNOPSIS : Nouvelle-Orléans. Un homme arrivé clandestinement par bateau est assassiné et dépouillé par trois gangsters. Lors de l’autopsie, on découvre que celui-ci était contaminé par la peste. Les autorités locales en alerte, une course contre la montre se met en place pour retrouver les trois meurtriers, touchés par le virus...



POINT DE VUE

Panique dans la rue se présente comme une nouvelle variation sur le genre noir interprétée par l’esprit d’un auteur aussi indépendant qu’Elia Kazan. Si son film débute classiquement dans des bas-fonds où se jouent des parties de cartes truquées dont les gains reviendront vite au perdant, il évolue ensuite à travers une thématique inhabituelle, celle de l’épidémie.

La peste n’a pas ici des allures de sanction biblique et ne ressemble ne rien à une malédiction qui frappe si souvent les héros du film noir. Elle se présente comme une menace purement scientifique mais également totalement insidieuse, à la manière d’un envahisseur. Il est aisé d’établir un parallèle avec la science-fiction très friande de ce type d’histoires (La Guerre des mondes de Byron Haskin est réalisé en 1953), dont on connaît le rapport métaphorique avec la peur de l’idéologie communiste.

Sur un plan stylistique Kazan fait preuve d’un sens de l’image dynamique et alerte, assez éloigné des circonvolutions élégantes d’un Preminger sans pour autant proposer des images sèches motivées par l’aspect documentaire des récits qui se déroulent au sein des couches sociales défavorisées d’une cité, ici la Nouvelle Orléans. Kazan trouve par conséquent un juste équilibre entre une stylisation trop épurée et nuisant à l’impact dramatique de l’histoire et une manière journalistique fastidieuse.