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40 SHADES
OF BLUE

d’Ira Sachs
Par Pierre GAFFIÉ

SYNOPSIS : A Memphis, Tennessee, Alan et Laura forment un couple original, mais dont la passion semble pour le moins éteinte : producteur de légende, Alan est un des rares blancs à avoir produit de la soul dans les années 60. Beaucoup plus jeune et fraîchement débarquée de sa Russie natale, Laura passe l’essentiel de son temps à s’occuper de leur jeune fils, alors qu’Alan mène une vie très débridée. Le jour où Michael, fils d’un premier mariage d’Alan, vient leur rendre visite, Laura découvre un nouveau regard sur elle-même. La présence de Michael va bouleverser l’équilibre trop établi de sa vie.



“Votre problème, vous les américains,
c’est que vous ne savez pas préserver les choses !”

Bien loin d’une tribune politique, cette phrase-sanction est prononcée, presque susurrée, par Laura, jeune femme russe ayant quitté Moscou pour suivre son homme, Alan James, un pianiste de Memphis, homme bougon et taciturne, magnat local des studios d’enregistrement.

Après plusieurs années de vie commune, dans l’opulence occidentale (le film s’ouvre sur une séquence, peu convaincante, dans les rayons “luxe” d’une grande surface où erre l’héroïne) le couple bat plus que de l’aile : on ne comprend pas ce qui lie l’un à l’autre, un enfant peut-être, la « sécurité » affective pour lui et un quotidien sécure pour elle.

Véritable tragédie grecque (Memphis...) le film s’articule autour du transfert d’amour d’une femme pour le fils de son compagnon.

Producteur de disques à Los Angeles, Michaël, qui a suivi les traces de son père tout en lui vouant (ceci expliquant peut-être cela) une solide dose d’inimitié, est un homme faussement à l’aise, en délicatesse dans son couple et semblant en porte-à-faux dans sa profession.

Un « Barry Lyndon » des temps modernes quoi... (la ressemblance entre le comédien Darren Burrows et Ryan O’Neal est d’ailleurs frappante)

Venu passer quelques jours chez son père, Michael tombera nez à nez sur Laura dont il ne s’éprendra pas tout de suite mais progressivement (même chose pour elle) ce qui ne fait qu’amplifier le malaise.

Chacun freine des quatre fers, joue à l’imbécile (Dieu merci le mot est aussi bien masculin que féminin) s’emberlificote dans ses considérations morales... avant de céder dans une chambre d’hôtel.

L’orgasme (étonnante séquence sur un plaisir fataliste où elle apparaît de profil, en très gros plan et lui, masqué et sans conviction) sera sans suite.

C’est le moment choisi par le « vieil » homme, sentant que sa compagne lui échappe pour la demander en mariage lors d’un concert de blues en plein air. Pressée par le public, elle y répondra par l’étonnement -non feint- et ira se jeter dans les bras d’un pauvre type dans la forêt voisine.