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BERLIN

LA FIESTA DEL CHIVO

de Luis Llosa
Par Nicolas VILLODRE


Une fâcheuse fascination

Le réalisateur péruvien, Luis Llosa, cousin de l’auteur Mario Vargas Llosa (ça peut toujours servir dans la vie), avait déjà sévi avec des navetons hollywoodiens glorifiant les très discutables « comédiennes » (sic) Sandra Bullock et Jennifer Lopez. Il a réussi à ridiculiser la star planétaire Sharon Stone que, sans doute uniquement pour la richesse de la rime, il a osé apparier à Anne-Sylvestre Stallone dans un oubliable The Specialist.

Cette coprod hispano-grand’bretonne, mécénée par Canal Plus ou Moins Espagne, s’inspire du roman éponyme de Mario Vargas Llosa publié en 2000, décrivant la fin de règne du dictateur Rafael Leónidas Trujillo Molina. Après avoir exercé des petits métiers, Trujillo vivote de larcins, de vols, d’escroqueries diverses avant de s’inscrire dans la Garde nationale créée à Saint-Domingue en 1918 par l’armée d’occupation américaine et de monter en grade, devenant en quelques années seulement second lieutenant, capitaine, major, général de brigade. Le Président Horacio Vasquez, qu’il a eu le flair de soutenir, en fait son chef d’état major. Comme c’est souvent le cas, Trujillo fut légalement élu Président de la République Dominicaine en 1930. Avec le soutien sans faille des Etats-Unis, il a gouverné son pays en pratiquant l’assassinant politique de ses opposants, taxés de « communistes », la terreur de la population, la torture et autres gracieusetés, avant de finir par être abattu sous les balles de résistants... avenue George Washington.

Roman et film présentent le personnage avec toutes les caractéristiques du facho-type : égocentrique, ayant le culte de la personnalité, toujours bien mis, rasé de frais, sur son 31 (ce nombre correspond aussi à la durée de son règne), moustachu (cela va de soi), aimant les rituels. Il a un peu le look de Franco, en moins rondouillard, de Pétain, en plus fringant.

Le dictateur, surnommé le Bouc, parce que c’était, paraît-il, un obsédé sexuel, exerce également le droit de cuissage sur toutes les jeunesses passant à sa portée. L’intrigue repose sur l’histoire (vraie ? vraisemblable en tout cas) d’une jeune adolescente dépucelée de force, se sacrifiant comme un agneau pascal pour obtenir le retour en grâce de son père.