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FESTIVAL DU
COURT-METRAGE DE
CLERMONT-FERRAND 2006

Compte Rendu
Par Cécile GIRAUD

Rassemblant les professionnels français et internationaux du court-métrage, le 28ème festival du court-métrage a eu lieu dans un Clermont-Ferrand toujours en travaux, et avec un public toujours aussi présent. Car, si les professionnels ont du mal à entrer dans les salles de projection de la ville, c’est parce qu’elles sont prises d’assaut par les Clermontois, heureux et curieux de voir du court dans leur ville. Festival convivial, il n’en est pas moins le lieu de toutes les expérimentations, et il fallait au public une ouverture d’esprit certaines pour choisir les séances « Labo ».



Si le festival fêtait sa 28ème année, le Labo n’en est qu’à son cinquième anniversaire. Présenté comme une section expérimentale, elle rassemblait des films divers et variés, du réalisateur superstar des amateurs, Peter Tscherkassky, au non moins starifié grâce au clip Chris Cunningham, en passant par des auteurs moins évidents, comme Michael Koch et son premier film Nous te sommes fidèles (Wir sind dir treu), plan fixe sur le supporter d’une équipe de foot.

On entendit les sifflets retentir pendant la projection de A light and sound machine de Peter Tscherkassky, et ce n’est pas si fréquent, même si les aficionados du maître allemand du found-footage admettent à bas-mot que ce dernier opus tourne un peu en rond. Mais quand ils aiment, les Clermontois ne comptent pas les applaudissements, et c’est avec étonnement qu’on les entendit retentir pour L’anguille de Dominic Hailstone.

Tous les films de la compétition Labo (44 films en cinq programmes) n’étaient pourtant pas estampillés « expérimental », tout comme certains films de la compétition internationale pouvaient porter cette appellation. Et lorsque l’on voyait le programme 10 de la compétition internationale, il y avait de quoi se poser des questions : pourquoi La Cène de Johannes Hammel, compatriote de Tscherkassky, utilisant lui aussi le found-footage, penchant plutôt vers l’esthétique et les préoccupations de Bill Morrison autour de la conservation et la dégradation des images et du souvenir, a-t-il eu droit à l’ouverture que propose la compétition internationale sans être catalogué par une sélection en Labo ? De même pour Terra Incognita du Suisse Peter Volkart, sur la vie et l’œuvre d’un pataphysicien, entre faux documentaire, fiction expérimental, collage et images d’archive. La question n’est pas nouvelle, et elle se pose encore cette année.

Le Labo ne serait-il qu’une solution bancale pour accueillir des films défendus par les programmateurs mais non sélectionnables en compétition internationale faute de place ? Si le Labo est une porte de secours, il se doit d’exister, et l’on ne peut que conseiller aux futurs festivaliers avides d’images étranges de jeter un œil sur le programme des autres compétitions, au risque de louper quelques pépites. On s’interrogera également sur l’absence de distinction cette fois entre film live et film d’animation, mais ceci est une autre histoire... Finalement, une seule séance permet de voir autant de fiction que d’expérimental, que de documentaire, que d’animation, plutôt appréciable pour ceux qu’on appelle le « vrai » public.