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RICHARD FLEISCHER
Trois visages de l’étrangleur
Par Nicolas JOURNET

SYNOPSIS - L’ASSASSIN SANS VISAGE (1949) : Un policier obsessionnel, Harry Grant, et une journaliste obstinée, Ann Gorman, dont on l’a flanqué, tentent de retrouver la trace d’un assassin surnommé "le Juge" qui opère par temps de pluie.

SYNOPSIS - L’ÉTRANGLEUR DE BOSTON (1968) : Albert DeSalvo profite de sa profession de plombier pour s’introduire chez des femmes de Boston, qu’il viole et étrangle. Schizophrène, il n’a aucun souvenir de ses actes. Un inspecteur se lance à sa poursuite.

SYNOPSIS - 10 RILLINGTON PLACE (1971) : Londres, 1944. Un soir, l’occupant d’un pavillon de Rillington Place, Reginald Christie, sous prétexte de soigner la bronchite d’une femme, lui fait respirer du gaz avant de l’étrangler, puis de l’enterrer dans son jardin. Cinq ans plus tard, Timothy Evans, un jeune camionneur illettré et mythomane, s’installe avec sa femme Beryl et leur enfant dans l’appartement au-dessus.



STRANGLER IN THE NIGHT

Richard Fleischer est un faiseur. Un de ces réalisateurs mercenaires que les studios hèlent d’un claquement de doigts pour mettre sur pellicule un 20 000 lieues sous les mers ou un Conan le Destructeur. À de très rares exceptions près, la carrière d’un faiseur procède par accoups. Selon la qualité de son savoir-faire, il peut arriver à claquer quelques bons films. Mais, à la différence d’un auteur, il n’arrivera jamais à construire une œuvre structurée. Cette description correspond tout à fait au fils de Max Fleischer, le créateur de Popeye et Betty Boop. À un détail près.

Étrangement, au milieu de sa filmographie hétéroclite mêlant comédie, thriller, film d’action, film d’aventures et film d’horreur, Richard Fleischer développe un intérêt particulier pour la figure de l’étrangleur. Presque une fascination. À la manière d’un Cronenberg hanté par l’organique, d’un Ferrara épris de religiosité, comme un artisan en somme et non plus comme un manutentionnaire, Fleischer va baser trois de ses films sur ce type précis de serial killer : L’Assassin sans visage, L’Étrangleur de Boston et 10 Rillington Place.

Tout commence en 1949. Au générique de L’Assassin sans visage, Richard Fleischer possède encore un « O. » entre son prénom et son nom. Depuis 1942, il travaille à la RKO, d’abord pour diriger des courts-métrages, puis pour réaliser les films d’un peu plus d’une heure typique de ce studio. L’Assassin sans visage est son sixième film labellisé RKO. Il en trois autres avant de partir vendre ses services à d’autres entités hollywoodiennes. Pour L’Assassin sans visage, Anthony Mann a co-écrit le scénario, et aurait participé également à la réalisation de cette série B, sans que cela saute véritablement aux yeux.

Le film est sympathique, mais quand même assez limité. Il y a tous les clichés du film noir. Le policier a le pardessus serré et le feutre mou. Il est zélé à la limite du psychorigide. Son adjoint a la clope au bec, la bibine facile et la répartie caustique. La journaliste a les boucles blondes et le regard lascif. Elle travaille pour un magazine à sensation. Le tueur, qui se fait appeler Burgaud, euh non « Le Juge », a la sueur facile et les yeux torves. Il vit dans une petite chambrette de célibataire avec un logeur forcément surpris de sa perversité. Bref rien de bien nouveau.