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RAKHSHAN BANI ETEMAD
Réalisatrice Iranienne
Entretien réalisé en février 2006 lors du Festival International du film Asiatique de Vesoul
Par Lalit RAO
Remerciements à Shahla NAHID

A travers ses films, tantôt documentaires tantôt fictions, Rakhshan Bani Etemad a réussi à accéder à un statut primordial au sein de la cinématographie Iranienne. Ses films offrent un insigne point de vue sur la société Iranienne en pleine mutation, entremêlant un style théâtral avec toutes les émotions humaines. Chef de file des femmes cinéastes Iraniennes, Rakhshan Bani Etemad, tout comme ses homologues masculins, s’intéresse bien à l’humanité qu’elle met en valeur dans ses films Gilaneh et Sous la peau de la ville montrés lors du 12e Festival International du film Asiatique de Vesoul 2006.



Objectif Cinéma : Votre film Gilaneh évoque deux guerres différentes. Celle, en 1988, avec l’Iraq et celle, en 2001, de l’Amérique contre l’Iraq. Pour quelles raisons avez-vous voulu parler de deux époques différentes ?

Rakhshan Bani Etemad : J’ai souhaité montrer la haine pour la guerre à travers ce film. Lorsque les Américains ont attaqué l’Iraq, on a senti à quel point nos ennemis étaient battus. De toute façon, il s’agissait toujours de la guerre. L’important pour moi c’était de dénoncer la guerre. N’importe quelle guerre.


Objectif Cinéma : Pourriez-vous nous parler du système de production des films en Iran et décrire votre collaboration avec le grand producteur Iranien Jahangir Kosari ?

Rakhshan Bani Etemad : La plupart des films iraniens sont produits par des producteurs privés. Ils optent pour des prêts bancaires afin de financer leurs films. Après les sorties des films, ils sont obligés de rembourser l’argent emprunté avec des intérêts. Le cas de Jahangir Kosari est extraordinaire car chez nous, en Iran, il n’y a pas beaucoup de producteurs qui fournissent des capitaux pour des films d’auteur. Jahangir Koshari a soutenu beaucoup de femmes cinéastes Iraniennes comme Niki Karimi, Mona Zandi Haghighi, Maryam Shahriar, Manizeh Hekmat et Tahmineh Milani. Je suis contente que mes films produits par Jahangir Koshari aient également eu un succès public.


Objectif Cinéma : Vous avez fait tantôt des films de fiction tantôt des documentaires. Comment établissez-vous un équilibre entres ces deux genres différents ?

Rakhshan Bani Etemad : Je n’ai pas arrêté de faire des films documentaires. En fait, beaucoup de mes long-métrages sont basés sur mes films documentaires. De cette manière, je fais des recherches pour mes films. Je tourne des films documentaires afin de respirer.