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MARCEL "MARIO"
PAINVIN

Comédien
Par Marc PAINVIN

Mon grand-père, Fernand Painvin, chapelier, était auteur dramatique et dirigeait une troupe de théâtre semi-professionnelle. Ma grand-mère, Jeanne Painvin, modiste, faisait partie de la troupe sous le nom de Jeanne Giéna... et mon père Marcel Painvin, né dans un fiacre le 3 juillet 1910 à Paris, y a joué très tôt ses premiers rôles. C’est à six ans que, faisant sa première apparition sur scène - et comme c’était l’usage dans la profession - il a offert la tournée à la troupe (A noter que Jean Davy y a débuté à cette époque). Mon père a donc voulu dès son plus jeune âge devenir comédien.



C’est ainsi qu’il a décroché son premier contrat "hors la troupe familiale" en 1925 à "Radio Tour Eiffel" où il a eu l’occasion de jouer, en direct, les pièces du Répertoire. Il a pu ensuite commencer une carrière au théâtre tout en restant fidèle à la radio.

Dans sa vingtième année, lors d’une tournée au Québec, il a été tellement impressionné par la ville de Montréal et par la chaleur des Québécois qu’il a décidé d’adopter le nom de Montréal comme pseudonyme puisque son père préférait qu’il n’y ait pas deux "Painvin" dans la profession.

Il avait un physique de jeune premier mais une voix avec un timbre grave qui créait un décalage d’une dizaine d’années et ne lui permettait pas alors d’aborder certains rôles sur scène. Par contre, sa bonne diction d’homme de théâtre et sa voix chaude et bien timbrée lui a valu de travailler fréquemment pour la radio tout en poursuivant sa carrière théâtrale.

Au milieu des années 40, il a fait la connaissance d’un comédien/musicien espagnol, Fredo Solis, et d’un peintre, musicien lui aussi, Oscar Cégla, avec qui il a eu l’idée de monter un numéro de clowns musicaux sous le nom de "Lib et Lul et Papillon". Trio qui devint vite un duo, Oscar Cégla étant trop pris par ses activités picturales. C’est à cette époque que mon père prit le surnom de Mario sous lequel on le retrouvera plus tard en tant que comédien au doublage.

Ce duo de clowns, fort apprécié et qui s’est produit dans les plus grands cirques (Médrano, Cirque d’hiver Bouglione, Amar, Gruss, ...) avait pour nom les Marfred (contraction de Mario et Fredo). La collaboration de ces deux hommes cessera en 1970 par un dernier gala au cirque d’hiver d’Amiens.

C’est au tout début des années 50 que mon père fit la connaissance de Jean et Fernand Rauzéna. Jean Rauzéna lui proposa alors de faire de la "synchro". L’essai fut concluant et mon père fit de moins en moins de théâtre et de radio et ne fit plus "le clown" que pour des galas ponctuels. Je tiens à préciser au passage que, contrairement à ce qui se dit parfois ici et là, nombre de comédiens "de doublage" pratiquaient (et pratiquent toujours) cette activité non par nécessité ou par défaut, mais par goût.