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31e CEREMONIE
DES CESARS

Samedi 25 février 2006
Par Marc LEGRAND


De battre, le cœur des Césars a bien failli s’arrêter. Tradition oblige, on s’attendait à une soirée crispée. Et cette année plus que jamais, la cérémonie a été conforme à nos attentes. Ou plutôt à nos appréhensions... C’est étrange, les Césars : à chaque fois on est impatient. On découvre avec curiosité la liste des nominés. On pronostique sur le résultat final et l’on fait des paris. Mais toujours, la soirée passe et s’achève avec une pointe de déception. Pas forcément due au palmarès, mais peut-être à cause du manque d’enthousiasme et du trop-plein de rigidité de cette grande fête du cinéma français...

Il est vrai que la 31ème édition a bien mal commencé : par un dialogue de sourds, entre intermittents, producteurs de l’événement et invités déjà installés. Les premiers, ayant envahi la scène, étaient menés par la force du désespoir et du combat, les seconds par les compréhensibles impératifs d’horaire et de retransmission télé, les derniers, plus ou moins réactifs, attendaient que la soirée commence. Les maladresses de tous bords comme le mutisme du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, longuement interpellé, ont fait durer une situation sans issue, retardant la cérémonie d’une bonne demi-heure. Et ce n’est qu’après négociations sur la scène entre la poignée d’intermittents, finalement violemment expulsée, et le producteur de la soirée, Renaud Van Kim, que celle-ci a enfin pu commencer. On n’y croyait presque plus. Quoi qu’il en soit, le ton était donné.

La Présidente Carole Bouquet est alors apparue, shakespearienne à volonté, pour lancer les festivités. Mais le vent de légèreté est arrivé par la grâce de Valérie Lemercier, présentatrice de la soirée, à laquelle on remettrait bien volontiers un César du mérite, pour avoir détendu une atmosphère d’orage. Grâce à elle on a heureusement eu droit à de belles éclaircies. Son humour a fait mouche comme d’habitude : il y a même eu des rires francs dans la salle. Place ainsi faite aux récompenses, les Césars ont enfin été distribués, et le très beau De battre mon cœur s’est arrêté a confirmé la chronique d’une victoire annoncée. Des huit trophées pour le film de Jacques Audiard, on retiendra en premier lieu la surprise du Meilleur espoir féminin Linh-Dan Pham, treize ans après sa première nomination pour l’Indochine de Régis Wargnier, comme l’absence remarquée de Romain Duris au palmarès, alors que tout le monde l’y attendait. Mais il est vrai que le présidentiable Michel Bouquet, Meilleur acteur, en a épaté plus d’un dans Le Promeneur du Champs-de-Mars. Niels Arestrup, second rôle justement récompensé, Alexandre Desplat à la musique, Stéphane Fontaine à la photo, Juliette Welfling au montage, Tonino Benacquista et Audiard, enfin, à l’adaptation, ont fini d’anoblir De battre mon cœur..., par ailleurs Césars des Meilleur film et Meilleur réalisateur.