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ON THE TOWN
de Stanley Donen et Gene Kelly
Par Nicolas VILLODRE

Trois marins, Gabey (Gene Kelly), Chip (Frank Sinatra) et Ozzie (Jules Munshin), débarquent à New-York, en permission pour seulement 24 heures. Ils sympathisent avec une conductrice de taxi, Brunhilde Esterhazy (Betty Garrett) et une étudiante en histoire, Claire Huddesen (Ann Miller). Gabey, qui a été fasciné par Ivy Smith (Vera-Allen), la « Miss Métro » qu’on voit affichée partout, entraîne les autres dans sa quête amoureuse à travers Big Apple...


Le pont de Brooklyn, Chinatown, Wall Street, la Statue de la Liberté, Greenwich Village, Central Park, Federal Hall, Columbus Circle, Rockefeller Center figurent parmi les monuments et décors new-yorkais de ce film dont le tournage en extérieurs ne prit que cinq jours, le reste ayant été filmé en studio, à Culver City.

Le naturalisme de Donen/Kelly, tempéré tout de même par un scénario calqué sur une comédie musicale créée en 1944 à Broadway et par un travail de finition de près de trois mois dans les studios de la Freed Unit de la MGM, rompt avec le maniérisme d’un Minnelli dont on connaît le goût de l’artifice, le souci du décor, du détail, du travail artisanal, le soin maniaque de la composition, l’obsession picturale, la nostalgie pour les dispositifs scénographiques théâtraux (trappes, panneaux mouvants, trottoirs roulants), la quête du costume et de la coiffure la plus sophistiquée, de l’éclairage le plus subtil. Un réalisme plus terre-à-terre, matérialiste, ayant pour seule loi celle du box-office ou du retour sur investissement, parvient, à un moment donné de l’histoire de la MGM, à prendre le pas sur cet onirisme débridé, fantasmagorique, spectaculaire - l’Entertainment visant, en tout état de cause, comme on sait, à faire oublier la vie quotidienne en la sublimant à l’écran.

La légende veut que ce soit l’actrice Ann Miller qui ait convaincu le patron de la MGM, Louis B. Mayer, de tourner les scènes de rues in situ. Ce film, que Gene Kelly tenait en haute estime (ce n’est peut-être pas son meilleur mais il a représenté pour lui un sommet de l’art musical et une rencontre d’interprètes de grand talent) reprend le flambeau vériste français des années trente (cf. par exemple les pièces provençales filmées en décors naturels par Marcel Pagnol) et annonce des comédies musicales comme Pajama Game (1957) (cf.http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3653), Funny Face (1957) du même Donen, West Side Story (1961) de Robert Wise ou Les Demoiselles de Rochefort (1967) de Jacques Demy (cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=3754).