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12e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ASIATIQUE DE VESOUL
Compte rendu
Par Lalit RAO

Depuis sa création, le Festival International du Cinéma Asiatique de Vesoul joue le rôle important de découvreur des cinématographies de tout le continent asiatique, du proche à l’extrême orient. A travers sa programmation méticuleuse conçue par des passionnés du cinéma asiatique, le festival de Vesoul offre la possibilité de découvrir voire redécouvrir des cinématographies asiatiques à la fois poétique et violente. Pour sa 12ème édition, l’équipe du festival, sous la direction Martine et Jean Marc Thérouanne, a élaboré un programme somptueux qui comprenait des œuvres majeures du cinéma asiatique, d’un hommage à Hou Hsiao Hsien et de la sélection « regards de femmes, regard sur le cinéma ouzbek ».



Pour la soirée d’ouverture, le public festivalier a assisté à la projection en première française d’un film coréen Neige d’Avril (April Snow) de Hur Jin Ho. Histoire d’amour éblouissante, ce film tendre raconte les conflits émotionnels de deux individus trahis, In-su et Seo-young, dont les époux respectifs étaient impliqués dans un accident de voiture. Ces deux victimes du calvaire se vengent de leurs époux infidèles en tombant amoureux l’un de l’autre. Le cinéaste coréen Hur Jin Ho a débuté en tant qu’assistant à la réalisation travaillant sur les films de Park Kwang Su notamment« To the starry island et « A single spark. L’univers de ses films, Christmas in August et One fine spring day, évoque un style à la Ozu, reflets saisissants de la simplicité et de l’exactitude du traitement des rapports amoureux.

Les personnages principaux des films en compétition incarnaient la volonté humaine de faire face à des difficultés en dépit des obstacles insoutenables. Le cinéaste turc Erden Kiral s’est inspiré d’un voyage qu’il avait effectué avec le maître du cinéma turc, Yilmaz Guney, pour son film Yolda, qui évoque l’époque difficile où son pays était gouverné par les militaires. La force du héros se trouve dans sa survie contre le système militaire. Récit de la fuite de prison de Yilmaz Guney et histoire d’un peuple moralement oppressé, Yolda oscille entre la liberté et la captivité. Dans le film Erkak (Le Gardien) le cinéaste ouzbek Yusuf Razykov met en scène la métamorphose psychologique de son jeune héros Djamhid. Après le départ de son frère à l’étranger, il se voit contraint de s’occuper de sa belle-sœur. La vie devient difficile pour lui à la suite de l’absence inexpliquée de la jeune femme. La disparition de la femme mariée est un élément secondaire du film, Yusuf Razykov souligne d’autres soucis préoccupants tel la fuite des villageois ouzbeks à l’étranger en quête du travail. Ce conte lyrique dépasse la réalité de l’Ouzbékistan à travers des valeurs universelles. C’est la preuve qu’une bonne histoire est la seule clé majeure nécessaire pour la réussite d’un film. C’était précisément le cas du film Full or empty du cinéaste iranien Abolfazl Jalili. Le film, tourné en format numérique raconte les aventures rocambolesques d’un jeune instituteur Navid Raisi qui, tout en cherchant un poste de professeur en littérature persane, tombe amoureux d’une jeune fille. Malgré ses difficultés de production, le film Full or empty témoigne de la société iranienne contemporaine, à mi-chemin entre documentaire et fiction. Bien que le film donne l’apparence d’une simple histoire d’amour, le vrai message de celui-ci reste dans la manifestation de tous les maux universels tels l’ignorance, la guerre, la condition des femmes, le chômage...