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23e FESTIVAL
TOUS COURTS
D’AIX-EN-PROVENCE

Compte rendu
Par Axel CADIEUX

Au fil de ces 23 dernières années, le Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence s’est progressivement imposé comme l’un des grands événements français consacrés au court-métrage, et ce bien au-delà des frontières de l’hexagone. La programmation se révèle en effet d’emblée diverse et variée, internationale et ouverte à toutes sortes d’expérimentations et de formats. Du 35 au 16mm en passant par la DV, de la narration fictive et linéaire au documentaire, en passant par l’expérimentation. Du 6 au 10 décembre 2005, tout est donc réuni pour faire de cette 23ème édition un événement voué à la découverte, au risque et à l’ouverture. Rien d’extraordinaire en somme, ces quelques lignes pouvant s’appliquer à tout festival digne de ce nom. Levons le voile.



SOIREE D’OUVERTURE

La 23ème édition du festival s’ouvre avec Nuit noire, le premier long-métrage d’Olivier Smolders. Un réalisateur déjà bien connu à Aix-en-Provence puisque la quasi-totalité de ses précédents films ont été présentés dans le cadre du festival, et notamment Mort à Vignole, qui remporta le Grand Prix en 1999 et reste depuis dans toutes les mémoires. Nuit noire, comme une évidence.

Il y a des enfants, des insectes, une éclipse, un tigre, la jungle. Deux vieux messieurs qui font du vélo. Une métamorphose, un studio de cinéma, une femme rousse et dénudée. Un empailleur, aussi, qui finira empalé. L’arche de Smolders se fait le théâtre de phobies toutes kafkaïennes, sous le regard amusé de deux vieux jumeaux qui ouvrent le bal, encerclant l’estrade, au-dessus des rideaux rouges, nous invitant à quitter nos sièges et à prendre place au sein même du spectacle. Il est sincèrement absurde de chercher une quelconque ligne directrice, une quelconque narration stable et linéaire, il n’y en a pas et il n’y en a d’ailleurs jamais eu. Ordonner un rêve ? Cerner les limites de l’imagination ? Réduire les libertés de la caméra et de la plume à un enchaînement d’articulations lisibles et explicites ? Chimères. Et Olivier Smolders l’a bien compris. Prenant exemple sur David Lynch ou Luis Buñuel, il laisse ses phobies se développer pour mieux les transmettre à qui veut bien les recevoir, alors transformées par le prisme de la machine filmique. En proie à la mutation, comme entre deux univers bien distincts mais néanmoins confondus.

Mais enfin, tout ceci reste terriblement théorique. Nuit noire s’assume et se cherche tout à la fois. Se cherche entre les limbes d’un Eraserhead ou d’Un chien andalou, sans jamais les dépasser ou même transcender, voire renouveler leur démarche. Nuit noire plaît et charme, l’espace d’une heure et demie. Mais il n’est que mort-né. En proie à la folie macabre de ses grands frères.

LA COMPETITION INTERNATIONALE

Chaque année le festival s’articule essentiellement autour de la compétition internationale, véritable raison d’être de l’événement, qui offre autant de perles inattendues que de navets (parfois seulement lourds, d’autres fois carrément prétentieux), probablement sélectionnés à ce titre d’ailleurs. Petit tour d’horizon.