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D.RLa Gazette du doublage : Vous avez par la suite, sur une longue période, doublé en anglais de grandes vedettes comme Delon, Belmondo, Trintignant ou Serrault. Sur quels films ?

Jean Fontaine : J’avais la chance d’avoir une voix qui collait bien sur ces acteurs. Je crois bien que j’ai doublé Delon dans la plupart de ses films depuis Faibles femmes (1959) jusqu’à Monsieur Klein. Il y a eu aussi Belmondo, Trintignant, Maurice Ronet et Michel Serrault, dans Le viager. Je travaillais pour des directeurs et sociétés qui faisaient aussi et d’abord du doublage en français, comme Richard Heinz, Jean-Pierre Steimer ou Jean-Paul Blondeau.


La Gazette du doublage : En France vous avez commençé le doublage en langue française à partir de 1962, pour le cinéma puis la télévision - pour l’export. De quoi s’agissait-il et à destination de quels marchés ?

Jean Fontaine : Pour le cinéma j’ai été la voix française de l’agent OSS 117 dans le film OSS 117 se déchaîne. Pour la télévision j’ai commençé par des petits rôles à droite et à gauche pour les mêmes sociétés que celles pour lesquelles je doublais en anglais. Nous doublions à destination du Québec, où l’industrie du doublage n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui.

En fait quand j’ai commençé le doublage au Québec en 1955-1956, on travaillait encore à l’image. C’était aux Studios Montréalais Thompson.


D.RLa Gazette du doublage : Vous avez fait du doublage télé pour une société qui a marqué l’histoire du doublage télévisuel français, à savoir Jean-Blondeau Productions-Téléart.

Vous y avez entre autres doublé, en 1967, David Janssen dans Le Fugitif, aux côtés de gens talentueux comme Maurice Dorléac, Jean-Claude Michel, André Valmy, Jean-Henri Chambois ou Emile Duard.


Jean Fontaine : Nous enregistrions au Poste Parisien, sur les Champs Elysées. Nous doublions des séries de 13 et on en a fait 3, donc j’ai doublé 39 épisodes du Fugitif.


La Gazette du doublage : Chez Blondeau vous avez croisé Hubert Noël et Vincent Davy. Le premier a beaucoup travaillé au Québec et le deuxième y a fait l’immense carrière que l’on sait dans le doublage.

Jean Fontaine : Oui, Blondeau avait ses studios à La Varenne St Hilaire où j’ai rencontré Vincent Davy et Hubert Noël. J’ai beaucoup travaillé avec eux et particulièrement avec Vincent Davy tant en France qu’au Québec. Là-bas nous doublions des comédiens mais nous nous occupions aussi de la direction et des dialogues. J’employais Vincent pour jouer sur un de mes plateaux et inversement.


D.RLa Gazette du doublage : Marianne Dubos nous a raconté qu’en 1968 vous aviez été envoyé avec elle au Québec par Jean-Paul Blondeau pour faire l’adaptation et le doublage des Chevaliers du ciel en anglais. Le projet ne s’est pas concrétisé et Marianne Dubos est restée au Québec. A quel stade en était à l’époque l’industrie du doublage à Montréal ?

Jean Fontaine : C’étaient les balbutiements et Marianne y a apporté toute son expérience acquise chez Blondeau à diverses fonctions. Le projet de doublage des Chevaliers du ciel en anglais est tombé à l’eau parce que le producteur canadien associé avec Blondeau pour cette opération a rompu le contrat parce qu’une société new yorkaise souhaitait le faire gratuitement pour des motifs commerciaux liés à une autre de ses activités.

Marianne a décidé de rester et moi je suis rentré en France.