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D.R.
ROBERT BRINKMANN
Directeur de la photographie,
réalisateur, producteur

Interview par Thierry ATTARD

Remerciements spéciaux à Stephen TOBOLOWSKY
et Nathalie PLANSON


Robert Brinkmann est un des plus talentueux et novateurs directeurs de la photographie de Hollywood. Dans les années 1980 il créa sa propre compagnie dans le but de produire des vidéos musicales sur lesquelles il était directeur de la photo (pour des artistes prestigieux tels que Céline Dion ou Placido Dominguo). En 1988 il a contribué à l’Histoire du Rock en travaillant avec le réalisateur Phil Joanou sur le documentaire musical U2 : Rattle and Hum.

Sa riche filmographie inclut des films réalisés par Ben Stiller, Michael Lehman ou John McNaughton. Robert Brinkmann nous offre maintenant son premier film en tant que réalisateur, Stephen Tobolowsky’s Birthday Party, un moment magnifique de pur cinéma. Le DVD de ce film sera disponible le 30 mai 2006.



Objectif Cinéma : Vous êtes né en Allemagne. Pourriez-vous s’il vous plaît nous dire quelques mots sur votre vie avant votre arrivée aux Etats-Unis ?

Robert Brinkmann : J’ai toujours voulu m’évader, m’échapper. Jeune enfant, j’avais l’habitude de me rendre aux matinées du week-end d’une des salles de cinéma locales - j’étais trop jeune pour y aller le soir - et je regardais des films de monstres japonais tous les dimanches à 10h00. Je crois qu’on peut dire que c’était un peu mon église.

A l’âge de 15 ans, je suis parti de chez mes parents. Et j’étais assez vieux pour me rendre au cinéma de mon quartier presque tous les jours. J’y passais tellement de temps qu’on m’a offert d’y travailler. A la fin de ma scolarité j’ai pris l’avion pour New York. J’y ai vécu un an et je voyais là-bas en moyenne deux films par jour, dans les superbes salles de quartier qu’il y avait alors.

Objectif Cinéma : Quels étaient à l’époque vos films américains et allemands favoris ?

D.R.Robert Brinkmann : Le premier film qui me fit réaliser qu’il y avait autre chose au cinéma que des films de monstres était Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni. J’avais 15 ans alors et je me souviens du moment où j‘ai compris qu’il pouvait y avoir de la poésie au cinéma. Mon réalisateur préféré à l’époque n’était ni allemand ni américain - j’aimais, et j’aime toujours, tout ce que Roman Polanski faisait (et ce qu’il fait). J’adorais aussi les films de Werner Herzog, particulièrement Aguirre, la colère de Dieu et Woyzeck, ainsi que Kings of the Road (Im Lauf der Zeit, 1976, NDLR) et Alice dans les villes.

Objectif Cinéma : Lors de vos études à l’USC (University of Southern California) vous vous êtes spécialisé dans le métier de directeur de la photo. Aviez-vous envisagé de devenir réalisateur ?

Robert Brinkmann : Comme chaque étudiant entrant dans une école de cinéma, je voulais devenir un réalisateur. Malheureusement je suis un auteur paresseux. Les films que je faisais étaient très ésotériques, ceux à qui je les montrais avaient du mal à y adhérer, mais leur aspect visuel passait bien. J’ai finalement compris que tous les étudiants en cinéma ne peuvent pas devenir réalisateur, il doit y avoir aussi des monteurs, des personnes qui mixent la bande son et des directeurs de la photographie.