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BASIC INSTINCT 2
de Michael Caton-Jones
Par Frédéric FOUBERT

SYNOPSIS : Psychiatre londonien réputé, le Dr Michael Glass est le meilleur dans son domaine. Lorsque le commissaire Roy Washburn lui demande d’évaluer psychologiquement la romancière Catherine Tramell, mêlée à la mort mystérieuse d’un célèbre sportif, son univers bascule...



POINT DE VUE

En 1992, Basic Instinct, classique instantané, proposait à ses spectateurs l’éclosion d’une star en temps réel. Elles sont finalement assez rares, ces apparitions fracassantes, où un acteur, en un seul film, invente son aura, sa légende, trace sa destinée, imprime les consciences, écrit une page de l’histoire de son art. Mais, contrairement à Brando, Rita Hayworth ou Brigitte Bardot, Sharon Stone ne s’en ait jamais vraiment remise. En près de quinze ans, elle a enchaîné un nombre affolant de nanars, ne s’est vu offrir qu’un seul grand rôle dans un grand film (Casino). Obligée, donc, de remettre le couvert dans le rôle de la romancière-blonde-manipulatrice-psychopathe-effroyablement-sexy Catherine Tramell. Durant tout ce temps, le projet a traîné un peu partout, été réécrit sans doute une centaine de fois, annoncé un moment avec David Cronenberg aux commandes... C’est donc une véritable patate chaude/Arlésienne qui nous arrive aujourd’hui, un film tellement content d’exister qu’il en oublie de proposer un surcroît de désir et d’incarnation, se contentant, comme on s’y attendait, de dupliquer les moments les plus saillants de l’original. Basic Instinct 2 ne vit ainsi que dans son autopromotion permanente.

D’où, bien sûr, un défilé de scènes attendues et à faire : Catherine Tramell fume toujours quand c’est interdit, ressort son pic à glace à l’occasion (pas comme arme du crime, juste pour... préparer des glaçons), et continue d’écarter les cuisses plus que de raison pendant les interrogatoires. Où est-on au juste, dans le film ou sa parodie ? On peut aussi s’amuser au petit jeu des différences : l’intrigue s’est déplacée de San Francisco à Londres, le héros n’est plus flic mais psy, et l’atmosphère racoleuse et survoltée du film de Verhoeven s’est fondue dans un univers techno-chic, où les vagues de pulsions érotiques ne sont plus le fait de californiens cocaïnés mais de quelques bobos londoniens totalement control-freak. Le premier opus se concevait comme une vaste surface érogène ; ici, la texture est froide, glacée, trouée par endroits de symboles phalliques (cf l’immeuble du psy).