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JOS STELLING
Réalisateur
Par Cécile GIRAUD


Le 400e anniversaire de la naissance de Rembrandt est l’occasion de redécouvrir un cinéaste. Jos Stelling, n’a réalisé que quelques films entre les années 70 et aujourd’hui (sept long-métrages et quelques courts). ED distribution nous en propose trois : Rembrandt fecit 1669 sur les écrans, L’Aiguilleur et L’Illusionniste en DVD.



C’est en 1977 que Jos Stelling tourne un film consacré à la vie du plus grand peintre flamand, peintre qu’il admire depuis ses jeunes années. S’intéressant plus à l’homme qu’à l’artiste, les œuvres font pourtant partie intégrante du film, en cela que le style pictural de Rembrandt imbibe totalement l’image. La lumière sourde et rasante des tableaux que nous connaissons, est aussi celle du film, et l’on se demande parfois si ce sont les tableaux qui ont inspiré au réalisateur son esthétique ou l’inverse. L’œuvre de Rembrandt serait presque sociale, car cette lumière est celle d’une époque et d’une classe, celle de la petite bourgeoisie que peint l’artiste, celle des leçons d’anatomie, des représentations religieuses. On s’étonne de voir à quel point le grain et les teintes roses et jaunes de la peau des modèles peints par Rembrandt, sont parfaitement reproduits par Stelling, à moins que ce ne soient ces teintes réelles qui soient parfaitement captées par le peintre. On ne sait plus très bien parfois si nous avons face à nous un portrait peint ou une image cinématographique.

Rembrandt est dépeint par Stelling comme un personnage sombre et introverti, à l’image des personnages de L’aiguilleur ou L’illusionniste, eux aussi avars de mots. Il s’exprime essentiellement à travers sa peinture, observateur inquiétant, égoïste, ne sachant peut-être comment exprimer son attachement aux femmes et à ses enfants. Alors que son succès croît avec aisance (l’œuvre de Rembrandt sera reconnue en son temps, mais fut vendue aux enchères quelques années avant sa mort), une tristesse constante s’insinue en lui. Son visage (que l’on retrouve dans ses autoportraits) fermé ne s’agite que lors des crises de colères dont les femmes sont les victimes. Veuf, il ne peut se remarier au risque de perdre la fortune léguée par son épouse, et vit ainsi un concubinage pour lequel il sera jugé. Lorsque son fils en vient à mourir, on comprend la souffrance qui anime le peintre et qui le mènera à la mort, quelque mois plus tard, ruiné.