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TRAVELLING
FESTIVAL DE CINEMA DE RENNES METROPOLE

La 17e édition célèbre Alger
Par Anne-Soizic BOUËNARD

Début sous la neige pour ce festival breton, mais aucun mal pour se réchauffer lorsqu’on est face au grand écran. Du 4 au 14 mars 2006, dépaysement assuré : voyage au-delà de la Méditerrannée grâce à des films lumineux et rencontres avec des personnes chaleureuses. 13 salles de cinéma ont participé à l’opération en projetant plus de 180 films sur ces dix jours. Une compétition, une section junior, un cité-ciné abordant divers thèmes (Alger au cinéma, la guerre, le cinéma au féminin...), et des hommages.



Le cinéma algérien ou sur l’Algérie est un cinéma engagé amenant à la réflexion.

Les films programmés permettaient de découvrir un pays filmé avec amour (paysages, bruits, accent, ...presque les odeurs !), une culture et une histoire. C’est impressionnant de voir comme au travers des images la prise de position du réalisateur transpire, délivrant ainsi un message de fond.

Prenant certes la forme d’histoires romanesques, le point de départ se situe bien souvent dans la réalité des habitants vécue et décrite de l’intérieur. Le Charbonnier de Mohamed Bouamari (1972) rend ainsi compte des effets de la guerre sur l’organisation des familles (travail des femmes, chômage, place de chacun) et les répercussions sur la vie en communauté.

Les documentaires ne sont pas en reste : ils introduisent encore plus de réel dans des images percutantes et pleines de sens qui nous interrogent sur notre vie et notre rapport au système et aux autres : Lamine la fuite de Samia Chala (2005), suit un algérien dont le seul but est d’obtenir un visa pour la France, rêve qu’il partage avec des milliers d’autres candidats à l’exil.


Le cinéma au féminin : loupe sur la situation de la femme et sur celle d’un pays.

Le cinéma algérien décrit fidèlement les transformations qui se sont opérées ; et la journée internationale de la femme (8 mars) a été l’occasion d’évoquer l’Histoire du pays au travers de la place qu’elle a tenu, qu’elle tient, et ses combats quotidiens. Pour cette occasion : projections, débats, tables rondes à la salle de la Cité de Rennes...

Elles et Algériennes : trente ans après de Ahmed Lallem sont des documentaires interrogeant en 1966 et 1995 des femmes à deux moments de leurs vies, et deux temps d’histoire de leur pays. Ils montrent leurs espoirs, leurs opinions sur leurs vies de femmes à l’époque, et les retrouvent trente ans après (en France ou au pays) avec leurs parcours et le recul sur les interviews passés. Des thèmes profonds sont évoqués : le Code de la Famille, la tradition, les mariages arrangés, l’accès au travail... Intéressant pour la compréhension historique, et surtout faire le lien avec ce qui se passe actuellement autour du mélange des cultures.

Rachida de Yamina Bachir Chouikh (2002) est une fiction abordant le thème des années quatre-vingt-dix, années de terreur, où le terrorisme et la violence quotidienne ont chamboulé les vies. L’interprétation des héroïnes est parfaite, et leur sensibilité retranscrit merveilleusement cette soif de vivre malgré le malaise national. Impressionnant de voir et de sentir la détermination de ses femmes à vouloir se battre pour leurs libertés, la condition de leur sexe, mais aussi pour celle de leur Pays.