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MONTE HELLMAN
Entretien réalisé
à Cannes en mai 2005
Par Donald James
Photos de Monte Hellman, Donald James

Réalisateur du film qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, Two-Lane Blacktop (Macadam à deux voies), le cinéaste maudit (9 films en quarante ans) Monte Hellman se livre pour Objectif cinéma. Une courte introduction avant l’indispensable séance de rattrapage proposée par le coffret DVD réunissant trois de ses longs métrages : les deux westerns existentialistes The Shooting et Ride in the Whirlwind et Cockfighter avec Warren Oates dans l’un de ses plus beaux rôles.



Objectif Cinéma : Comment avez-vous commencé le cinéma ?

Monte Hellman
 : J’ai fais des études de rhétorique et ensuite j’ai suivi des études de cinéma à l’UCLA. Un studio de télévision m’a proposé un job qui consistait à dépoussiérer des pellicules. Les films que je nettoyais étaient très sales et ce que je faisais était déconseillé pour la santé... Ce travail me permit d’entrer dans le syndicat des monteurs de films. Je travaillais dans l’un des plus anciens studios d’Hollywood qui avait vu passer Charles Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks.


Objectif Cinéma : A ce moment vous rencontrez Roger Corman...

Monte Hellman
 : Le studio pour lequel je travaillais se trouvait à côté du Griffith Park un endroit où tous les bons réalisateurs tournaient au moins une scène. Roger Corman y travaillait. Ma femme qui était actrice jouait dans un film produit par Roger. On s’est donc très vite rencontré.


Objectif Cinéma : Quand on jette un œil sur votre filmographie, vous avez abordé tous les genres, l’horreur, le western, le road movie...

Monte Hellman
 : Pour des raisons que j’ignore je suis passé à côté des films à teneur sociologique et des drames. Dès le début j’ai cherché à faire des films avec lesquels je pouvais m’identifier. J’adore les films de gangsters, les cowboys... Quand j’ai fait mon premier film, mon idée n’était pas de réaliser un film d’horreur avant tout, mais plutôt un film de gangsters, et quelque part, cela en était un, mais avec un monstre.


Objectif Cinéma : Quelles étaient vos relations avec Roger Corman ?

Monte Hellman
 : Je n’ai jamais eu autant de liberté qu’en travaillant avec lui. Aujourd’hui, pour mettre en place un film, on a besoin de passer par un lecteur, par un pool de lecteurs, par le représentant de la compagnie et puis ensuite tous se réunissent et votent. Roger se déplaçait seul. On lui disait : « j’aimerais faire ce film » et il répondait simplement oui ou non. C’était donc très facile de conclure une affaire avec lui.


Objectif Cinéma : Vous choisissiez donc vos sujets ?

Monte Hellman
 : Non pas toujours. Peut être même n’en ai-je choisi aucun. Le premier, Beast from Haunted Cave, Roger me l’a suggéré. En ce qui concerne Back Door to Hell et Flight to Fury, Roger m’a proposé de tourner ces films aux Philippines. Au départ j’avais deux scénarios, mais nous avons en fait écrit de nouveaux scripts en cours de route... Voilà le genre de liberté que nous avions.