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LIVRE

IN THE MOOD
FOR LOVE

Sous la direction
de Jean-Christophe Ferrari
Par Marie GUYOT

PRESENTATION DE L’EDITEUR : Là où nous croyions reconnaître une remise en cause de la possibilité même de l’amour, on nous parlait d’une grande histoire d’amour. Là où nous étions étreints par le sentiment de l’indétermination et de la pauvreté du monde, on chantait ses splendeurs chatoyantes. Là où nous étions bousculés par une chronologie trouée et fuyante, il fallut que chacun s’accordât à louer le rythme hypnotique et envoûtant du film. Là où nous percevions l’infinie violence des frustrations, de la claustration fantasmatique et des rituels sociaux, on s’émerveillait d’un univers délicat et raffiné. Là, enfin, où de nombreux spectateurs ressentirent une manière de mélancolie voluptueuse et caressante, nous éprouvions certes de la mélancolie, mais une mélancolie poignante et résolument désespérée dont 2046 allait quelques années plus tard déployer le clavier exténué. Il fallait écrire un livre.



POINT DE VUE

Un livre sur In the Mood for love qui se veut ouvertement original est un pari difficile à réaliser. En annonçant dans sont introduction que les points de vue qui nous sont proposés ici n’ont été défendus nul part ailleurs, Jean-Christophe Ferrari prend le risque que son entreprise soit perçue comme assez prétentieuse. Mais qui voudrait réellement refaire ce qui a déjà été écrit ?

« Paravents et étoile filante », « La Fêlure » et « Fantasme et Répétition » nous offrent donc des lectures assez originales du film de Wong Kar-Wai. Le premier texte, écrit par Adrien Gombeaud, propose une étude de quelques éléments relativement remarquables dans la mise en scène d’In the Mood for Love : la gestion de l’espace, des décors et le rythme binaire de l’action. Malheureusement, en utilisant un thème conducteur pour cette analyse, l’auteur ne se montre pas vraiment convaincant : sa comparaison de Madame Chan et Monsieur Chow avec les personnages de l’allégorie du Bouvier et de la Tisserande ne s’appuie pas sur des arguments solides.

« La Fêlure » quant à lui, démontre de façon très intéressante à quel point « ce qui a lieu sur l’écran c’est que rien n’a lieu ». Il est donc fort dommage que Franck Kausch s’écoute un peu trop et utilise une structure narrative pompeuse. La première phrase du texte nous est jetée au visage comme une sentence (« Vivre c’est être en relation ») qui ne trouve sa raison d’être qu’à la fin (« On ne vit jamais rien. Vivre est un verbe fondamentalement intransitif »). Franck Kausch donne ainsi l’impression de vouloir à tout prix conférer un style à son texte, au détriment de son analyse.