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DVD

PHANTOM
OF THE PARADISE

de Brian De Palma
Par Cécile GIRAUD

SYNOPSIS : Winslow Leach, jeune compositeur, tente désespérément de faire connaître l’opéra qu’il a composé. Swan, producteur diabolique et tout puissant du label Death Records, lui vole sa musique et lui fait signer un pacte diabolique.



POINT DE VUE

En 1974, Brian De Palma tourne Phantom of the Paradise, entre Sisters et Obsession, en pleine période glam du côté du rock, nouvelle vague américaine côté cinéma. Excès de l’image et du son, couleurs saturées, De Palma aime se servir de son époque, et Phantom of the Paradise est le plus tonitruant représentant de cette tendance.

Depuis ses premiers courts-métrages, De Palma aime le jeu, le déguisement, le faux-semblant, les personnalités troubles, l’écart, la différence, le mauvais goût. Il aime jouer avec le cinéma et son histoire, avec les images et les formes léguées par ses pères et ses pairs, de Hitchcock à Carpenter. Il aime aussi ses acteurs, des gueules qu’on retrouve de film en film, comme William Finley, personnage principal d’un de ses premiers courts-métrages, Woton’s wake en 1962, et personnage-titre du Phantom. Brian De Palma lui offre un personnage, comble de l’acteur : d’abord défiguré, maquillé, il est ensuite masqué et drapé dans un uniforme et une cape noire, et privé de sa voix, terriblement déformée.

La déformation est bien au cœur du travail de De Palma, d’autant plus dans ce film. Déformation des corps et des visages, celui du fantôme, celui de Beef, qui le distord dans des grimaces, sans lesquelles les cris hybrides qu’il émet seraient étouffés, celui de Swan qui refuse de vieillir, celui des Juicy Fruits qui passent du look années 50 à celui des Beach Boys pour finir avec Kiss. Déformation de l’histoire d’origine, celui du Fantôme de l’opéra, à laquelle est ajouté le mythe de Faust, une critique de l’industrie musicale, une allusion à Proust. Déformation enfin des genres et des formes du cinéma, avec la reprise réinterprétée de la scène de la douche de Psychose d’Hitchcock, du plan subjectif d’Halloween de Carpenter, d’une séquence de La soif du mal de Welles avec un superbe split-screen, et de quelques autres.