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Olivier Fallaix : On va passer à votre camarade de gauche, Jean Barney. Au doublage, on vous a entendu dans Atlantide, l’Empire perdu, X-Men... Dans Edgar, comment abordez-vous le personnage de Goemon le samouraï ?

Jean Barney : « Bourré » ! (rires de la salle, ndlr) Je n’enregistre que « bourré ». C’est le rosé qui me donne un peu le ton. Non, non, je plaisante... C’est un personnage très serein, très fort, très « japonais ». En plus, dirigé par Philippe Ogouz, c’est quand même merveilleux. Que voulez-vous que je vous dise d’autre ?

Olivier Fallaix : On va passer la parole à Philippe Peythieu. On vous connaît pour le doublage d’Homer Simpson. Vous reprenez le rôle de Jigen, qui était doublé par Francis Lax. Ce n’était pas facile car la voix de Francis Lax était assez emblématique, caractéristique. Comment s’est passée cette « succession » ?

Philippe Peythieu : Au départ, je n’avais pas en mémoire ce qu’avait fait Francis Lax. J’ai fait confiance à Philippe (Ogouz) pour qu’il me donne les bonnes indications de jeu. Je ne suis qu’un intermittent du spectacle qui obéit à son directeur (moquerie de Philippe Ogouz et de ses camarades, ndlr). J’ai abordé ce rôle, tout à fait, sereinement. Le personnage et toute l’équipe sont assez sympathiques.

Olivier Fallaix : Et qu’en pense Patrick Messe ? Vous avez travaillé sur Ken le survivant... Lacogne, que vous doublez dans Edgar, est très farfelu. Ce n’est pas épuisant de doubler un personnage qui crie tout le temps ?

Patrick Messe : C’est assez fatiguant en fin de journée mais comme tout cela est fait avec beaucoup de plaisir, ça passe ! Mais bon... il n’y a pas plus de fatigue que pour les gens qui travaillent 8 heures par jour. En plus, nous, on a la chance de pouvoir « s’éclater », de hurler, de dire des horreurs... Et quelque part de venger pas mal de gens, peut-être ? Donc, cela me fait plaisir. Et puis, l’énergie, c’est porteur, c’est un mouvement de vie.

Philippe Ogouz : C’est un peu pareil que l’équipe de France de Football. (rires de la salle, ndlr) Ce qu’il manquait au dernier match, c’est qu’ils étaient mous. Ils n’étaient pas attaquants. Dans le doublage, il faut être « attaquant ». Je prend l’exemple de Patrick (Messe) - Il se donne à fond, et meurt presque à chaque fois, et c’est ce qui est formidable ! Il faut jouer comme cela pour que l’émotion passe.

De nos jours, dans les dessins animés, on dirait qu’il n’y a plus cette spontanéité. Je voudrais aussi raconter une petite anecdote à propos de Ken le survivant. C’était une série que nous doublions pour AB, et certains épisodes avaient des aspects extrémistes. Le CSA a demandé à l’époque à AB d’enlever un ou deux épisodes. Nous, les comédiens, lorsque l’on a vu certains épisodes à problème, nous nous sommes réunis et je suis allé voir le responsable du doublage en lui disant que nous voulions arrêter de les doubler à cause du texte à la limite du fascisme. Je lui ai donc proposé que nous improvisions les dialogues. Comme il restait beaucoup d’épisodes à doubler, le responsable a été un peu obligé d’accepter. A partir de ce moment-là, cela a été génial car on a commencé à « délirer » et faire quelque chose de complètement surréaliste !

Patrick Messe : Par exemple, au lieu de dire tout le temps : « Attention, en joue : feu ! », on a eu l’idée saugrenue de dire à la place : « Attention, en joue : flu ! » (joufflu) Cela nous a fait rire et on a imposé ce texte.

Philippe Ogouz : Comme c’était, parfois, assez ennuyeux à faire, on avait décidé que l’on allait jouer à un jeu : à un moment, il fallait que l’un d’entre nous dise un mot choisi préalablement, comme « maison de la culture » dans le texte qu’on nous donnait à lire ! Cela a donné des moments incroyables ! Epiques !