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La rédaction de la Gazette du doublage : Quel est pour chacun de vous le meilleur souvenir de doublage ?

Philippe Ogouz : Mes meilleurs souvenirs se rapportent aux grands acteurs que j’ai doublés : Martin Sheen, Dustin Hoffman. Mais il y a aussi des moments forts lors de doublages de grands films sans vedettes. Je connais des gens qui ont dans leur sonothèque ou leur bibliothèque toutes les cassettes des gens qu’ils ont doublés : « Ah, je vais te faire écouter ma voix dans L’Arroseur arrosé ! » Je ne fais pas partie des gens qui conservent une trace de leurs doublages, mais c’est vrai que maintenant que nous avons 400 chaînes avec satellite et tout ça, de temps en temps j’entends ma voix sur des vieux trucs et c’est vraiment sympa. Et puis, il y en a aussi où je ne me trouve pas bon.

Jean Barney : Je pense un peu comme Philippe (Ogouz). Il y a les doublages de films importants, comme Wall Street (Oliver Stone, 1987) dans lequel je doublais Michael Douglas. Je me souviens surtout de moments de vie, avec différentes équipes, et en particulier du doublage de la série Mister Gun (Sledge Hammer ! en VO, ndlr) qui m’a fait me sentir mieux lors d’une période où ça allait plutôt mal. Le rendez-vous hebdomadaire avec Mister Gun me procurait une joie infinie.

Philippe Peythieu : Les grands moments de déconnade. Jeune acteur, j’ai eu la chance de travailler sur le doublage de la série Shérif, fais-moi peur, avec les regrettés Claude Joseph et Claude Nicot. Les repas étaient bien arrosés à midi et les grands moments, c’était de se surprendre mutuellement au micro. J’ai une anecdote concernant un personnage doublé par Jean Violette parlait dans un talkie-walkie : « Ici Brebis égarée, répondez-moi moi, brebis égarée ». Il fallait inventer une réponse du style « Brebis égarée, ici Kangourou secours, je vous reçois. Pas de nouvelle de Lièvre humide. Lièvre humide, répondez ! » Parfois l’enregistrement s’arrêtait tellement on ne pouvait plus enregistrer. De beaux moments de fous rires.

Patrick Messe : Moi, c’est toujours le dernier truc que je viens de faire. Après je les oublie ! Mais j’ai eu un plaisir particulier à doubler Cheech Marin dans la série Nash Bridges, dans laquelle Patrick Poivey prêtait sa voix à Don Johnson. Cheech Marin est une espèce de fou furieux étonnant. Avec Patrick Poivey on passait notre temps à essayer de se surprendre. Je pense que ce qui est important, c’est la surprise et l’envie. Et pour être un peu pédant, dans « envie », comme le disait Jean-Luc Godard, il y a « vie ».