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ORGUEIL ET PREJUGES
de Joe Wright
Par Peggy ZEJGMAN

SYNOPSIS : Dans un petit village d’Angleterre, sous le règne de George III, Mrs. Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L’arrivée de nouveaux voisins, Mr. Bingley et son ami Mr. Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affaires de coeur tumultueuses. Cette dernière découvre l’amour en rencontrant le bel et aristocratique Darcy. Pourtant, tous deux devront passer outre leur orgueil et les mauvaises interprétations qui s’ensuivent avant de tomber dans les bras l’un de l’autre à la grande surprise des Bennet.



Adapter Jane Austen n’est pas aisé : ses personnages « croqués » sont parfois proches de la caricature et le passage à l’image n’affine que rarement le trait. C’est notamment le cas de Mrs Bennett et de Mr Collins dans Orgueil et préjugés. Au cinéma - et particulièrement dans la mini série produite par HBO en 1995 ou dans Bride and prejudice (Coup de foudre à Bollywood) - Mrs Bennett devient une femme un peu vulgaire, hystérique la plupart du temps, et Mr Collins - le cousin pasteur - se transforme en un valet ridicule et frustré.

L’adaptation de Joe Wright semble toutefois aborder avec un peu plus de délicatesse ces personnages, et ce n’est peut-être pas un hasard si, selon IMDB, Emma Thompson - à qui l’on doit le scénario très réussi de Raisons et sentiments - a apporté une relecture attentive au script. En effet, cette version de Orgueil et préjugés s’est voulue nuancée, vivante, loin d’une reconstitution victorienne empesée.

Les décors déjà le montrent : c’est d’abord le désordre, l’usure, presque la crasse que le réalisateur filme. La maison des Bennett reflète la vie d’une famille de sept personnes : les rubans se mêlent aux livres, à la vaisselle, à la nourriture. La salle de bal où Elizabeth va rencontrer Mr Darcy pour la première fois est d’ailleurs loin des clichés du genre : la bâtisse - construite tout en bois - ressemble plus à une auberge qu’à un palais. Le véritable palais sera la demeure de Mr Darcy. Joe Wright a choisi en effet de montrer très nettement les différences de classe, de distinction, entre les deux héros.

Et cette attention particulière se retrouve également dans la façon de filmer les personnages, de révéler la sueur, les défauts du corps, les rougeurs. Lorsque Mrs Bennett danse, ses joues sont enflammées, sa coiffure est défaite... Ici encore, l’univers de Mr Darcy sera plus lisse, plus propre : les robes de Caroline Bingley ou de Lady Catherine sont impeccables et leurs coiffures admirables.