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GREGOIRE PARCOLLET
Fondateur et président de Chinkel Post-production
Entretien réalisé
le 13 avril 2006
Par François JUSTAMAND
et Pascal LAFFITTE
Remerciements
à Philippe CHRISTIN

Chinkel est une société de doublage ultramoderne au cœur de Paris. Elle a été créée en 1996 et a généré un chiffre d’affaire de près de 5 millions d’euros en 2005.
Son fondateur et président, Grégoire Parcollet, est un touche-à-tout de génie puisqu’à 18 ans, il a co-fondé le magazine AnimeLand et créé une société qui vendait des dessins animés japonais. A 21 ans, il a développé, Cappella, un logiciel assez révolutionnaire destiné à remplacer la bande rythmo traditionnelle, et dans la foulée, a fondé Chinkel.
Chinkel Post-production est une structure jeune et dynamique à l’image de son président. Elle emploie de nombreux professionnels administratifs et des intermittents : comédiens et adaptateurs. Ces derniers sont actuellement plus d’une douzaine et, pour la plupart, ne travaillent que chez Chinkel.
Au niveau du personnel technique, elle recrute des ingénieurs du son à la sortie des écoles et les forme sur le terrain. Au total une vingtaine de permanents et des centaines d’intermittents et de free lance chaque mois.



La Gazette du doublage : Comment passe-t-on du métier d’architecte à celui de directeur d’une société de doublage ?

Grégoire Parcollet : C’est une bonne question. Je suis architecte, ce qui est plus une fonction donnée par un diplôme qu’un métier. J’ai terminé mes études classiques, Bac et tout, il fallait bien que je fasse quelque chose et j’ai choisi architecture, histoire d’avoir un diplôme mais je n’ai jamais exercé. C’est surtout, à peu près les seules études qui existent et qui permettent, grosso modo, de travailler la journée et de faire ses études de soir, ce qui n’est pas mal.

Avant de créer ma première société à 18 ans, je m’étais investi dans Animarte, une association éditrice d’un magazine parlant de dessins animés, qui existe toujours : AnimeLand. J’ai fait partie des trois fondateurs d’Anime Land avec Cédric Littardi et Yvan West Laurence.

Parallèlement, avec Cédric Littardi, j’ai donc créé Anime Virtual, une société qui a commencé à acheter des droits de dessins animés au Japon. Au début, nous n’avions pas les moyens de se payer un doublage. Comme je me débrouillais un peu en informatique, avec un copain, j’ai bricolé un Amiga pour fabriquer une machine de sous-titrage. Nos premiers programmes sous-titrés se sont très bien vendus. Il y avait vraiment une attente. On faisait de la vente par correspondance. Tous les jours, nous envoyions à nos clients une centaine de cassettes. C’était assez impressionnant.

Peu à peu, avec l’argent qui rentrait, la société s’est développée assez rapidement, et nous nous sommes associés avec un gros groupe japonais, ayant des participations dans les médias. A l’époque, cette structure était notamment propriétaire du studio d’animation Ghibli, fondé par Hayao Miyasaki et Isao Takahata. Elle nous a ouvert toutes les portes du Japon et nous a permis de développer le label Kaze. Cela a un peu trop bien marché, et surtout, nous étions un peu des amateurs car nous étions tout jeunes. Nous ne savions pas gérer une boîte. Nous avons finis par ne plus vraiment nous entendre sur la politique de la société. J’ai alors passé un accord avec notre distributeur qui reprenait une partie des parts de la société et je suis parti.

Avant mon départ, nous avions eu le temps de passer du sous-titrage au doublage. Nous avions commencé à travailler en pleine grève du doublage. Nous sommes allés faire du doublage au Québec, en Belgique, en Suisse et à Paris avec les comédiens qui ne faisaient pas la grève. Il y avait même des plateaux bloqués par des comédiens grévistes qui empêchaient les non grévistes de sortir. Résultat, moi qui m’occupais, en fait, de toute la partie fabrication, j’ai passé du temps dans des studios avec des comédiens bloqués à cause de la grève. Et surtout, j’ai découvert ce métier assez amusant, pratiquement une œuvre d’illusionniste. Ce qui était intéressant, c’était de voir les techniques utilisées. La bande rythmo me faisait bien rigoler. Je trouvais cela d’une astuce extraordinaire mais totalement dépassé d’un point de vue technologique.

A 21 ans, j’avais donc de l’argent car j’avais vendu ma première société. J’ai créé une nouvelle société appelée Chinkel, non pas pour travailler dans le doublage, mais pour développer un logiciel remplaçant la bande rythmo.