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JEAN-JACQUES BEINEIX
Réalisateur
Entretien réalisé
le 18 avril 2006
à Paris
Par Bernard PAYEN

37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix fête déjà ses 20 ans d’existence. À le revoir en DVD (édition spéciale chez M6 Vidéo), on ne s’attendait pas à être saisi une fois de plus par l’émotion. Celle d’une chronique drôle et sincère, toujours juste, de deux jeunes gens conquérants d’un monde trop grand ou trop dur pour eux. Celle aussi de la naissance au cinéma d’un couple d’acteurs en état de grâce, Jean-Hugues Anglade et Béatrice Dalle.

Alors qu’une master class se prépare au Grand Rex le 12 mai 2006 (suivie de la projection de trois films de JJB), Objectif Cinéma poursuit la discussion libre entamée avec Jean-Jacques Beineix, il y a cinq ans (à la sortie de Mortel Transfert).

Retour sur 37°2, l’adaptation BD de son projet cinéma mythique L’affaire du siècle, son expérience hollywoodienne et ses nombreux projets...



Objectif Cinéma : Vos films ont souvent souffert d’éditions DVD disparates. Cette re-sortie de 37°2 donne le coup d’envoi d’une collection DVD de vos films chez M6 Vidéo...

Jean-Jacques Beineix : Grâce à Nicolas Seydoux - un des derniers qui aime encore le cinéma dans ces grosses sociétés type Gaumont - j’ai pu récupérer les mandats de mes films. Ensuite j’ai cherché un éditeur, et j’ai fini par opter pour M6 Vidéo, qui avait envie de sortir la collection de mes films et de s’en occuper avec moi et ma société Cargo Films. Le prétexte du coup d’envoi de cette collection a été l’anniversaire de 37°2. C’est aussi pour cela que nous organisons cette nuit au Grand Rex et cette master class. Une entreprise un peu barge !

Objectif Cinéma : Tout ce qui est un peu barge vous plaît...

Jean-Jacques Beineix : Oui, parce que j’échappe une fois de plus aux sentiers battus. Je ne suis pas dans l’establishment reconnu, estampillé artiste officiel, et je ne suis pas non plus classé dans la catégorie des metteurs en scène à succès commerciaux : ma place est la mienne et personne ne me la dispute !

Objectif Cinéma : La reconnaissance institutionnelle et hypocrite ne vous plairait pas non plus...

Jean-Jacques Beineix : Oui vous avez raison... Et je m’arrangerai pour que ça n’existe pas. J’ai toujours décidé de marcher là où j’avais envie de marcher. En revanche, je ne dois plus me plaindre. Ça m’est arrivé de le faire et ce n’est pas bien.

Objectif Cinéma : 37°2 est votre film le plus populaire !

Jean-Jacques Beineix : C’est un film qui n’a jamais cessé d’être vu, d’être vendu, acheté, et d’être toujours disponible depuis sa sortie. Son exploitation n’a jamais cessé... Concernant sa popularité, elle est à égalité avec celle de Diva, à cette différence près que ce dernier est toujours dans les mains de Studio Canal, qui l’a re-mixé sans mon accord ! Mais je ne lâcherai rien. Je suis en procès avec eux. On parle moins aujourd’hui de ce film qui a été maltraité, mais son succès est mondial ! Ce film a été l’Amélie Poulain des années 80, dans une époque où les mécanismes commerciaux n’étaient pas les mêmes. Mais si vous regardez la charte Variety des plus grands succès des films étrangers aux Etats-Unis, Diva est bien devant Betty Blue - 37°2 le matin  !