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4e FESTIVAL PARIS TOUT COURT
Compte rendu
Par Tiphaine ROCHEREUIL

Le festival Paris tout court 2006 nous a présenté plus de 300 courts-métrages français et étrangers. A cette bel éventail sont venus s’ajouter de nombreux événements telles deux cartes blanches accordées à la photographe Bettina Rheims et à l’auteur-interprète Dominique A. Autres moments forts du festival : la leçon de cinéma d’Alain Cavalier - le cinéaste exigeant de Thérèse - et la nuit OVNI « Objets Visuels Nocturnes Inclassables », véritable tour d’horizon des meilleurs courts-métrages de ces 40 dernières années dont le succès ne s’est jamais démenti. Les films présentés à Paris tout court se déclinent en quatre sections : Panorama national, Compétition francophone et internationale et Premiers films européens. En voici quelques impressions.



LE TALENT DE GILLES PERRU ECLATE A TRAVERS SON ADAPTATION LIBRE DE JEAN GENET

Je veux quelque chose et je ne sais pas quoi est moins un film sur l’hystérie dans son acception psychanalytique que sur la relation à soi et à l’autre. Peu importe au fond que les deux personnages centraux soient un thérapeute (interprété par Lou Castel, acteur énigmatique vu notamment chez Fassbinder et Wenders et souvent sollicité par de jeunes cinéastes) et sa patiente. Le sujet est ailleurs. Par le jeu des costumes, la cinéaste Joanna Grudrinska superpose deux périodes de l’Histoire : la fin du XIXe siècle où l’hystérie devient un objet d’études important pour le corps médical et une période contemporaine indéfinie. Elle souligne ainsi la permanence de la difficulté à exister pour soi et à travers l’autre. Face aux difficultés « d’être en contact avec soi-même », la tentation est grande d’attraper une image de soi à travers l’autre, de vouloir le posséder en somme. Le propos du film est mis en valeur par la qualité des dialogues et l’originalité du scénario. Une cinéaste à suivre donc.

Imago est un des rares films d’animation en compétition. Son créateur, Cédric Babouche, nous raconte comment Antoine, un jeune garçon de 8 ans, appréhende la mort de son père aviateur. L’alliance du 2D et du 3D, des décors en aquarelle et du mouvement ample de l’animation fait d’Imago une belle réussite. Majorettes de Lola Doillon nous raconte l’histoire d’une adolescente qui revêt l’habit de majorette pour séduire un garçon qui fantasme sur l’uniforme. Le film souffre malheureusement de son intrigue qui ne décolle jamais vraiment et se résume à de petites saynètes sans relief. Quant à 220 bonnes raisons d’Hervé Lesgouttes, c’est un éloge du farniente et une dénonciation bien tiède du monde du travail, si inoffensive qu’elle ne restera pas dans les mémoires.

Le Temps des cerises de Jean-Julien Chervier et surtout Béa de Romuald Beugnon sont des films iconoclastes sur ceux que l’on nomme pudiquement les seniors. Les deux oeuvres sont portées par la comédienne Thérèse Roussel qui n’hésite pas à se mettre à nu, au propre comme au figuré. On lève ainsi le voile sur un tabou qui perdure : les « vieux » ont eux aussi des désirs et une vie sexuelle. Leurs corps sont montrés sans dérobade et sans fausse pudeur. Cette liberté nouvelle au cinéma ne va pas sans heurter certains spectateurs qui, à en croire l’atmosphère qui régnait dans la salle, venaient de découvrir que les représentants du troisième âge avaient eux aussi un corps et une sexualité...