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IDEES #11
Idées éparses sur quelques films
Par Johannes HONIGMANN


Le fameux motif musical « foudroyant » de la chanson du générique de Vivre et laisser mourir est une reprise presque note par note du thème représentant la colère de Dieu dans l’oratorio Belshazzar’s Feast de William Walton.

Le Silence des Agneaux : pourquoi n’a-t-on pas fait arracher les dents de Hannibal Lecter avant de l’incarcérer ? Pour la même raison que l’on n’a pas brisé les poings du boxeur Jack Palance avant de l’incarcérer dans La Cage aux Hommes, alors même qu’ils ont été l’instrument de son crime.

Pas de jaloux à Hollywood : si un acteur italo-américain myope et au grand nez crochu ( John Turturro ) est abonné aux rôles de Juif - dans Barton Fink, Quiz Show ou La Trève - la réciproque est également quelquefois vraie : Abner Biberman interprète un gangster italien dans Les fantastiques Années Vingt et Ned Eisenberg en interprète un autre dans Dernier Recours.

Le Flic de Beverly Hills III
doit être le seul film grand-public dont le réalisateur prête une attention maniaque à l’adéquation du nombre de coups de feu tirés et de la quantité de balles dans les chargeurs. On voit sans cesse les personnages recharger leurs armes à feu ou en extraire les douilles vides.

Le véritable héros de La Colline a des yeux de Wes Craven est de toute évidence le chien, dont le temps de présence à l’écran est remarquablement disproportionné par rapport aux acteurs en station debout.

On est surpris par le caractère visionnaire du film - au demeurant médiocre - Ultime Décision (1996) : un groupe de terroristes musulmans détourne un avion de ligne afin d’en faire une l’instrument d’un attentat majeur contre les Etats-Unis. Rien ne manque à l’intrigue : ni l’attentat suicide commis dans une ville occidentale - Londres ( ! ) - afin de faire chanter divers gouvernements, ni le personnage du converti à l’islam, à la Lionel Dumont, qui joue un rôle essentiel dans le complot, ni même le discours convenu et vite étouffé du « notre religion ne nous a pas ordonné cela ». Et on n’a probablement jamais, au cinéma, mis autant de temps à désamorcer une bombe, ni à préparer une attaque qui ne dure au final qu’une demi-minute. Le film ne bascule réellement dans le grand spectacle hollywoodien qu’à la fin, quand l’essentiel est dit et la leçon prodiguée. Ou quand le cinéma échappe à ses créateurs pour devenir plus intelligent qu’eux.