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WILLIAM FRIEDKIN
Réalisateur
Entretien réalisé
le jeudi 6 avril 2006 à Paris
Par Derek WOOLFENDEN
et Nicolaï MALDAVSKY
Traduction de Pauline CALLANDREAU et Émilie CAUQUY
Merci a Élodie DUFOUR
de la Cinémathèque française

BORDER LINE

Après Abel Ferrara, Paul Schrader, Paul Verhoeven et Walter Hill, pour ne citer qu’eux parmi les cinéastes les plus symptomatiques de ces dernières décennies, la Cinémathèque française rend hommage et offre la rétrospective intégrale des films d’un non moins mésestimé auteur, William Friedkin, deux ans après celle de Turin. Il faut lire le dernier article en date dans la revue des Cahiers du cinéma pour constater que cet auteur provoque toujours une certaine polémique critique qui, faut le dire, est souvent de mauvaise foi.

Au contraire faisons l’éloge de cette prise de position « courageuse » qui ferait passer Friedkin pour le plus grand réalisateur expérimental américain vivant ! Trop souvent rattaché à des succès aussi bien critiques que commerciaux ( French Connection en 1971 et L’Exorciste en 1973), William Friedkin a pourtant réalisé des « films-diversion » pour l’inconscient collectif ou le critique averti. Parmi ces films « martyrs », il faut citer le génial Convoi de la peur (1977), le délirant Police Fédérale, Los Angeles (1985) et le très cynique Deal of the Century (1983).

Mais laissons s’exprimer un cinéaste charmant parce que séducteur qui, sous ses airs courtois et une culture versatile, cache un homme redoutable, suspecté d’être prêt à tout quand il s’engage sur un film, voire même illuminé.



Objectif Cinéma : Comment choisissez-vous (ou non) un projet ?

William Friedkin : Ce sont eux qui me choisissent. Absolument. Je vois un livre ou lis une histoire dans un journal, on m’envoie un script autour d’un sujet qui me plaît ; en tous cas je ne démarche jamais. Je ne suis pas en quête, vous savez ! Mon but principal est même de me reposer. Et alors, très souvent, quelque chose se pointe et il faut que je le fasse. Pourquoi ? Aucune idée ! Je pense qu’il faut utiliser notre temps du mieux que l’on peut, ne pas faire seulement des siestes. Bien que cela soit mon moment le plus créatif ! Mes meilleures idées me viennent quand je suis allongé dans mon lit...

Objectif Cinéma : La plupart du temps, ce sont les rencontres qui font vos films, comme Eddie Egan et Sonny Grosso ( French Connection ), ou Gerald Petievich ( Police Fédérale, Los Angeles ).

William Friedkin : C’est vrai. Je rencontre des gens, les trouve intéressants, comprends quelque chose en eux que je veux partager ou mettre à profit dans un film. Chaque film que j’ai fait est différent. Le point de départ n’est pas forcément une idée mais un personnage ; on commence par un personnage et on finit souvent aussi par un personnage.

Objectif Cinéma : À partir de quel moment et comment avez-vous réussi à fusionner vos deux expériences, le documentaire télévisuel et l’adaptation théâtrale ?

William Friedkin : J’ai commencé par faire du direct puis du documentaire, et enfin j’ai glissé naturellement vers le théâtre. Des opportunités se sont présentées. Si ce n’avait pas été le cas, je serais peut-être toujours en train de faire du direct ou du documentaire. Mais certaines de mes réalisations documentaires ont été vues par des producteurs TV et théâtre. Ainsi, ils m’ont demandé de réaliser du dramatique télévisé. C’était donc juste une évolution naturelle. J’ai toujours essayé de mettre à profit mes techniques documentaires à chaque fois que c’était possible, et plus spécialement pour un projet tel que French Connection.