Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

SOMETHING LIKE HAPINESS
STESTI

de Bohdan Slama
Par Emilie PADELLEC

SYNOPSIS : Quelque part en République Tchèque, au nord de la Bohème, radiographie d’une HLM en voie de décrépitude. Des familles s’y croisent, classe moyenne, et parmi eux, trois amis en quête de bonheur. « Stesti », en tchèque. Ainsi, Monika, renonçant à rejoindre son petit ami parti aux Etats-Unis, se dévoue corps et âme pour assister dans sa tâche de mère Dasha, amie-voisine au bord de la folie. Dans cette recherche faite de renoncements et d’épreuves, les deux jeunes femmes sont épaulées par Tonik, glandeur bohème refusant le monde de l’usine et le modèle paternel pour retaper une vieille ferme familiale.



B COMME BONHEUR(S)... SELON BOHDAN

Au départ était Most, le « jardin de Bohème ». Une de ces régions tchèques défigurées par l’ère industrielle où aujourd’hui herbes folles et HLM sinistres ont poussé sous les décombres du bolchevisme. Au centre de Stesti, il y a celle touchée par la grâce, Monika, capable d’auto abnégation pour le bonheur de ses proches, délaissée par celui qui saisit sa chance version American dream. En l’absence de ce dernier, à ses côtés, il y a l’ami de toujours : Tonik. Celui courant après l’âge d’or d’un paradis (presque) perdu, un lopin de terre à l’abandon, une bicoque délabrée où règnent biquettes et joyeux bordel. Entre eux, (au fond du trou), Dasha, celle attirée par la spirale du pire, mauvaise mère menacée de maladie mentale, prête à tout pour continuer à s’envoyer en l’air son amant, médiocre homme marié, vendeur de salles de bain.

Autour d’eux, il y a les autres, ceux qu’on ne choisit pas : la famille. Dans la famille de Monika, je voudrais le père : chômeur gentiment bourru, souvent imbibé, un peu - et comiquement - benêt dans ces cas-là. Plus compréhensive mais parfois cinglante, la mère, projetant sur Monika ses rêves de vie meilleure, synonyme d’envol pour le pays de l’Oncle Sam. Chez Tonik, - bon samaritain un peu junky, portant un éternel tee-shirt ‘Sepultura’ informe et sans âge - la famille se fait plus conformiste, entre une mère aux fourneaux et un père autoritaire, désespéré par ce fils à ses yeux paumé, ayant pour seuls hobbies la fumette et le bricolage.

Dans Stesti, il y a beaucoup de bonheurs simples. Comme celui de filmer béatement les branches d’un sapin de Noël avec une caméra numérique. Comme un tour de barque en famille (recomposée) au milieu d’un lac sans doute pollué par les usines environnantes. Comme le bleu du ciel au dessus d’un gâteau d’anniversaire fait maison entouré de blondinets de quatre, cinq ans s’apprêtant à souffler leurs bougies, en plein air.