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RENCONTRES NATIONALES CINEVILLE
UN ETE AU CINEMA 2005

Samedi 17 décembre 2005
Informer par l’image
Autour du reportage vidéo
Par Nadia MEFLAH


Dévoiler nos regards encrassés ?

Le dispositif d’éducation à l’image hors temps scolaire “Cinéville-Un Eté au Ciné” existe depuis 15 ans. Ce dispositif interministériel ( qui comprend l’engagement du Centre national de la cinématographie, de la Délégation au développement et à l’action territoriale du Ministère de la culture et de la communication, de la Délégation interministérielle à la ville, du Ministère de la jeunesse et des sports et du Fonds d’action et de soutien à l’intégration et à la lutte contre les discriminations dit le FASILD anciennement FAS) animé et coordonné par l’association Kyrnéa International propose des actions autour du cinéma à destination des publics jeunes et adultes privés d’accès aux pratiques cinématographiques.

Ces actions se répartissent selon cinq axes : ateliers de pratique, séances spéciales avec rencontres des professionnels du cinéma ; séances en plein air, tarifs réduits (les fameuses contremarques) et formations. Réservé à l’origine durant l’été, où rappelons le un jeune sur trois ne part pas en vacances, le dispositif s’est élargi tout au long de l’année.

Ce samedi 17 décembre 2005, deuxième journée de ces rencontres nationales qui durent 3 jours entiers à Paris. Dans une salle quasi pleine de l’est parisien, une demi-journée est consacrée au reportage vidéo. Quatre films sont au programme, tous réalisés dans le cadre des ateliers Cinéville. Lors des échanges autour des ces regards sur le réel, quelques épineuses questions émergent quant au statut des images quand celles-ci sont (sur ?)-chargées de rendre compte du réel. De fait, les adultes en demandaient aux adolescents : pour qui filmez-vous et pourquoi ?

Assis à même le parquet, sur scène, adossés à l’écran blanc qui semble les porter avec bienveillance, ces jeunes de tout part, surplombant notre écoute ( ils venaient de Bruxelles, de Sens, de Sainte Eulalie en Aquitaine et de La Roche sur Yon) ont su témoigner du déplacement opéré, tant chez eux que dans leur entourage, lors de cette expérience d’une fabrique du regard. Non sans que certains semblent parfois surpris du sérieux avec laquelle nous les écoutions. Excepté une jeune fille, superbe d’aplomb. Avec ses camarades présents, elle témoigne du travail accompli ensemble. Ils ont réalisé un film Illégal malgré moi sur des jeunes bruxellois, des « sans papiers ». Ses mots, brûlants de vérité gaie, savaient raconter en quoi le cinéma est une force incandescente pour qui sait la prendre avec considération. Elle rejette d’emblée le terme de clandestin. Filmer, c’est aussi savoir parler juste, nous dit-elle. Avant, elle les regardait comme des clandos (clandestins). De ce négatif, par le cinéma, elle est parvenue au positif. Faisant l’éloge du renversement du regard, opérée par ce travail infime de prendre le temps d’écouter et de filmer l’autre, elle interpellait le journaliste présent sur la pertinence, et l’exigence accrue du réel, de montrer cette réalité au journal de 20 heures le soir. La salle applaudit.