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PEAU DE COCHON
Humbles propos
Par Gerald VON SECULA



- Maître Von Sëcula, comment qu’on fait du cinéma ?
- Et bien, mon petit... non ! Y’a un truc qui...reprenons !

- Maître Von Sëcula, comment qu’on fait du cinéma ?
- Et bien, ma petite... on se munit de sa paire de couilles et on va au charbon.
- ????????????????

Le cinéma, c’est avant tout une lutte acharnée que l’on mène contre la peur.

La peur de l’inconnu, de la sensation. La peur de soi surtout. Parce que, in fine, qu’est ce qui nous prouve que ce qu’on a là, dans le crâne (je pourrais tout aussi bien dire dans le cœur mais ça fait un peu mouille -caleçon) n’est pas autre chose que du vent ?...et puis, il faut une grande force de conviction pour mettre à plat, donner corps à ce que l’on croit (du moins l’espère t’on) être des idées.

Soyons plein d’un orgueil nouveau et admettons que cette phase, la plus périlleuse, soit dépassée ; encore faut-il supporter, et à cela j’apporterais la condition que le travail accompli soit autant que faire se peu en accord avec ses désirs propres, le fait de montrer son être intime à tierce personne (un hypothétique public), à s’ouvrir les veines en somme, à sacrifier comme en un cérémonial sa pudeur à un autre.

Je dis cela, mais c’est parce que je prends en compte l’honnêteté égotiste qui consiste à ne point s’aventurer à être un autre que soi (il me semble que je me répète mais j’en ai envie, presque par coquetterie). Rien à voir avec la séduction, il n’est pas question de chercher à aguicher les gens comme la dernière des putains mais de rendre justice à son regard personnel, à son émoi enfantin face au sentiment de merveilleux que procure le cinéma à quiconque ose l’approcher, ou plus exactement, le pénétrer.

Le film de Philippe Katerine nous montre l’une des voies à suivre parmi les plus rares, et donc les plus belles : celle de l’humilité.

Se mettre à poil, Katerine l’avait déjà fait dans ses disques, même sur la pochette de l’un d’eux, mais là, il a voulu aller plus loin... il a voulu faire du cinéma ! Oh !... il n’a pas essayé de faire son sous-pialat (Breillat, beauvoix entre autres. Je cède à la facilité de ce jeu délectable qu’est la méchanceté), son sous-Truffaut (y’en a un paquet ; hein messieurs Assayas, Saada et consort), son sous-... bon, j’arrête sinon, hormis un ou deux noms, tout le cinéma français actuel va y passer ; je pourrais d’ailleurs en citer des pires.