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LIVRE

QUAND LA CINEASTE D’HITLER FASCINAIT
LA FRANCE
LENI RIEFENSTAHL

de Jerôme Bimbenet
Par Nicolas VILLODRE

Une des questions que pose ce livre est la suivante : pourquoi la France du Front populaire a-t-elle pu ériger en modèle des films de propagande nazie comme Le Triomphe de la volonté ou Les Dieux du stade ?



Avec son titre à rallonge, une problématique d’une inactualité absolue, des redites à chaque chapitre au lieu d’une démonstration logique, d’une progression, d’un approfondissement, d’une dialectique, aucune réflexion ou analyse personnelle des films évoqués, des références à des auteurs de troisième catégorie, au style journalistique (Marc Ferro, Charles Ford, François Albera, Jean Narboni, etc.), l’ouvrage de Jérôme Bimbenet, qui aurait pu tenir en 125 pages, qui en fait plus du double, semble n’avoir pas été relu par l’éditeur ou tout simplement lu par la directrice de thèse, Marie-Claire Hoock-Demarle, tant il est truffé de fautes grammaticales, orthographiques, de coquilles, d’approximations en matière de mise en page. Un simple logiciel informatique tel que Word aurait permis de les repérer et de les corriger vite fait bien fait. Prenons quelques exemples. Tantôt le nom d’un des personnages récurrents, Adolf, est écrit avec une h aspirée (p. 27 : ce Hitler-là, p. 53 : la personne de Hitler, p. 74 : l’arrivée au pouvoir de Hitler), tantôt avec une h muette (p. 53 : la main tendue d’Hitler, p. 62 : représentante officielle d’Hitler, p. 75 : les intentions d’Hitler). Nous avons par ailleurs relevé : p. 23 : scènes d’actions, p. 32 : Zuckor, p. 35 : Danièle (au lieu de Danielle) Darrieux, p. 40 : Walter benjamin, p. 42 : les films du Troisième Reich seront réalisé, p. 75 : pour se souvenir que les intentions d’Hitler étaient parfaitement connues, p. 78 : voulue comprendre, p. 83 : montrer au monde (espace en trop) : la force, p. 88 : l’influence esthétique d’un cinéma soviétique auquel Leni Riefenstahl n’a jamais caché son admiration, p. 94 : L’(espace inutile) identification, p. 103 : ont-ils été vu, p. 136 : le pays où avaient vaincus, p. 151 : il n’existe pas un homme politique français qui ne puisse faire de tels discours, p. 171 : je fus reconnu (c’est Leni Riefenstahl qui parle), p. 171 : fut-elle si populaire qu’on la couvrit de baisers ?, p. 173 : bien que la conférence fut annoncée, p. 184 : dès 1935 (...) Wege zur Kraft une Schönheit (au lieu de : dès 1925 (...) Wege zu Kraft und Schönheit), p. 191 : il est peu probable que Leni Riefenstahl et Hitler eurent une liaison, p. 192 : les rumeurs menées par la Deuxième Bureau, p. 194 : il ne fallait pas qu’il fut trop beau, p. 205 : lorsque des journalistes (...) lui demandait, p. 212 : les peuples que l’on appellent, p. 237 : les films olympiques n’ont cessé d’être projeté, p. 245 : Ciment Michel (au lieu de Michel Ciment), p. 294 : la presse et les milieux artistiques s’étaient emparé...

Malgré ces légers défauts, l’ouvrage prouve que les études cinématogaphiques se portent bien de nos jours à Paris VII. Après Paris III (où ont longtemps sévi les vieilles barbes de l’Ancienne Vague et du lait caillé du cinéma, aujourd’hui presque toutes à la retraite, où a aussi brillé la Cinémathèque universitaire), Paris VIII et Paris I (remarquables pour leur enseignement du cinéma expérimental), il semblerait que ce soit au tour de Jussieu de se distinguer par la qualité de ses UV (et autres ECTS et LMD) de cinéma. Des profs tels que Marc Cerisuelo (Monsieur Bonus des DVD de chez Carlotta), des cours pointus mais intéressants dispensés par les germanistes sur des cinéastes tels que Fassbinder et, maintenant que c’est la période des transferts, le "renfort" annoncé de Marc Vernet (qui assure ses arrières après son départ probable du 51 rue de Bercy, du fait de la re-con-fusion, annoncée pour 2007, de la BiFi avec la Cinémathèque), qui provoque d’ores et déjà quelques remous sur place, dans la tour 24 et sur la dalle du vieux site amianté de Paris VII, sans oublier, bien entendu, les enseignants positivistes, disciples de Michel Ciment, ou ceux venus du cinéma d’avant-garde comme Frédérique Devaux : tout cela fait actuellement de Jussieu la fac dans le Moov, avec des étudiants en cinéma motivés et pétillants.