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DOMINIQUE
GONZALEZ-FOERSTER

Transe et migration
Par Cécile GIRAUD



Ayant rejoint la maison de production Anna Sanders Films fondée en 1998 par Charles de Meaux, Pierre Huyghe, Philippe Parreno, et l’association de diffusion de l’art contemporain, Dominique Gonzalez-Foerster présente en DVD chez MK2 (éditeur d’une collection Anna Sanders) les films produits dans ce cadre.

Cinéaste, vidéaste, mais avant tout artiste contemporaine aux installations particulières, Dominique Gonzalez-Foerster tourne ses premiers films avec Ange Leccia en 1996. Elle réalise des vidéos pour Christophe, met en image une des tournées d’Alain Bashung, parallèlement à ses installations, s’inscrivant de plein pied dans l’art contemporain au Centre Pompidou ou en galeries, ou s’affranchissant du cadre institutionnel pour aller chercher des spectateurs à leur insu en designant la station de métro Bonne Nouvelle avec ses suspension lumineuses et colorées, ou en posant quelques étranges sculptures dans des parcs.

Dominique Gonzalez-Foerster se joue des frontières. Plutôt que de faire de l’art une chose réservée, cloisonnée, elle tente de rendre les différents espaces perméables, de les faire communiquer, et plus, de présenter notre environnement comme une œuvre en soi, expliquant qu’au Centre Pompidou, le panorama du sixième étage est un concurrent réel de ce qui est proposé dans l’enceinte du musée (voir à ce propos une interview sur le site creativtv.com). Elle joue de cette infime différence entre l’enceinte et la frontière avec ses « chambres », des pièces dans lesquelles nous pourrions habiter, si elles ne relevaient pas du musée... Doit-on passer la frontière physique qui nous sépare des œuvres de Dominique Gonzalez-Foerster, ou la transcender ? Cette incertitude ressentie par le spectateur est portée par l’œuvre elle-même, et voulue par sa créatrice qui veut « provoquer la confusion entre œuvre et attraction », délaisser l’aspect froid de l’art contemporain pour que chacun y accède, ou plutôt, elle amène l’art à l’autre sans attendre qu’il se déplace pour lui. On pourrait dire « ludique » si ce terme si en vogue n’ôtait pas à l’œuvre sa dimension poétique.