Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

ETE VIOLENT
de Valerio Zurlini
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Été 1943. Carlo, fils d’un dignitaire fasciste, passe des vacances loin de la guerre, à Riccione. Il y rencontre Roberta, une grande bourgeoise plus âgée que lui, veuve d’un officier de marine et mère d’une petite fille. Ils tombent follement amoureux...



C’est censé se passer l’été, non pas 42, comme chez Robert Mulligan, mais 43. En juillet, plus exactement. Un peu avant que l’Italie en guerre et en crise soit bouleversée à l’annonce, par voie (voix) radiophonique, de la démission de son chef de gouvernement, le déjà soi-disant cavaliere, Mussolini. Sur la côte adriatique de la région Emilie-Romagne, tantôt à Riccione (célèbre de nos jours pour son collectif de vidéo-danse animé par Fabio Bruschi), tantôt à Rimini (une des plages les plus fameuses d’Italie, aujourd’hui totalement privée), avec une brève excursion drago-touristique (carte postale comprise) à San Marino (village "faussement moyen-âgeux", d’après l’un des personnages).

L’arrivée d’une petite embarcation chargée d’hommes en armes, transportant un blessé de guerre maintenu en vie grâce à la perfusion d’un goutte-à-goutte rudimentaire, vient casser l’ambiance et troubler la tranquillité estivale du petit port d’une des stations balnéaires où s’ébat, entre autres, une jeunesse dorée provinciale et insouciante - un des thèmes de prédilection du cinéma naturaliste italien, comique ou pas, rabat-joie ou non, est celui de sa jeunesse oisive d’après-guerre, généralement traité du point de vue des garçons, ce qui n’est pas le cas ici.

Un oiseau de mauvais augure, un Messerschmitt de la Luftwaffe, volant en rase-mottes, provoque un mouvement de panique chez les vacanciers, en même temps que la rencontre fortuite et le coup de foudre entre le jeunet Trintignant et l’un peu plus que trentenaire veuve éplorée, interprétée par Eleonora Rossi Drago, fausse-blonde mais vraie ex-Miss Italie, au profil raccourci par un bistouri sans remords, au bras gauche grossièrement tatoué de BCG, reconvertie dans le théâtre et le cinéma, tête d’affiche dans Le Amiche (1955) d’Antonioni et qui se révèle ici excellente comédienne, le rôle ayant apparemment été écrit sur mesure pour elle.

Les jeunes gens, fils à papa et à mamma pistonnés, faisant peu ou prou partie de la jet set locale, non mobilisés, non motivés, non belliqueux, sursitaires, ont réussi jusque-là à échapper à l’armée et donc à la guerre dont par ailleurs on sent proche le terme. Ils batifolent, organisent des surprises-parties, papotent entre potes et buffets de (bonnes) pâtes, sirotent le mousseux et le whisky planqués dans les placards, fument des cigarettes de contrebande, dansent au son d’une radio neutre, apolitique (helvétique) qui a l’élégance de ne pas évoquer l’évolution d’un conflit qui ne concerne, il est vrai, que le reste du monde, flirtent, se bécotent gentiment, et plus affinités.