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Les suppléments

Malgré son aspect très sobre, le dvd de Mes parents comporte plus d’1h30 de bonus, assez inégaux. Les désormais classiques et consensuelles scènes coupées et alternatives comblent tranquillement le petit espace qui leur est accordé, tandis que les brèves filmographies ne vont jamais au-delà de leur fonction informative. C’est donc grâce aux courts-métrages et à l’interview d’Annie Alba que ces suppléments prennent toute leur ampleur.

Plus que dans le récit, c’est dans la manière que l’actrice est réellement émouvante. Emportée dans un tournage qu’elle considérait initialement comme une plaisanterie entre amis, elle déclare d’une voix tremblante qu’il y a désormais "un avant et un après Mes parents, dont elle est sortie bouleversée. D’un point de vue professionnel mais également privé, puisqu’Annie Alba s’est procuré une caméra et un ordinateur pour tourner le scénario qu’elle est en train d’écrire et le monter. En espérant sincèrement qu’il sera un jour possible de le voir sur grand écran ou en dvd.

Ainsi, en vingt petites minutes, l’actrice se révèle particulièrement attachante, bien plus humaine et émouvante que le personnage qu’elle incarne dans le film de Rémi Lange.

Les cinq courts-métrages frappent par leur diversité et leur inégalité.

Empreintes de Tiburce est un vague collage numérique et coloré, à la limite de l’expérimentation, exploitant une grande partie des effets offerts par tous les logiciels de montage. Relativement vain et consensuel. Marcilla de Jenelle Troxell reste l’énigme de ce dvd, puisqu’il n’a aucune affinité avec Mes parents, jusque dans sa nationalité, et s’avère doté de moyens bien plus conséquents. Ce qui ne le rend pas de meilleure qualité d’ailleurs, puisque malgré une magnifique photo en noir et blanc et quelques jolies figures de cinéma peu exploitées, Marcilla tombe lui aussi dans l’écueil de la banalité crasse, avant de s’effondrer au creux d’une chute toujours plus ressassée, à savoir le réveil après les ténèbres cauchemardées.

Les deux courts-métrages de Stéphane Ambiel, Mongolitos et C’est beau l’amitié, ainsi que l’interview de leur concepteur, s’avèrent bien plus intéressants. Non pas dans la démarche formelle ou les thématiques exploitées, puisqu’il s’agit à chaque fois d’anus, de caca, de religion trash ou de sodomie, mais dans la finalité. Car, dans la fidèle lignée de Russ Meyer et surtout de John Waters, Stéphane Ambiel crée pour être détruit, filme les sécrétions avec vigueur, sans le recul, se vautre dans la médiocrité assumée, s’y complaît et va jusqu’à en manger. Avant de se relever, toujours plus fier et sympathique, le sourire aux lèvres. J’applaudis avec respect.