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LE POIDS DE L’EAU, LA CHUTE DES CORPS
Par Marc BRUIMAUD

SYNOPSIS : A bord d’un voilier, la photographe Jean Janes débarque sur la petite île de Smuttynose, située au large des côtes du New Hampshire, pour enquêter sur un double meurtre vieux d’un siècle. En se plongeant dans les détails de l’affaire, Jean revit la tragédie qui a eu lieu par une nuit de 1873 : comment deux jeunes immigrées norvégiennes, Anethe et Karen, furent assassinées à coups de hache, tandis qu’une troisième, Maren Hontvedt, trouva refuge dans une grotte.

Au fil de ses recherches, Jean découvre des analogies entre sa propre vie et celle de la seule rescapée du carnage. Elle y trouve un écho à ses propres doutes, à ses propres interrogations sur l’avenir de son couple. Parallèlement, la suspicion d’une liaison éventuelle entre son mari Thomas, un célèbre poète, et la compagne de son frère Rich, la séduisante Adaline, se transforme lentement en jalousie et méfiance.


Sous l’effet de la pesanteur se créent les attractions - selon le cas l’équilibre ou la chute. Depuis Blue steel (1990) et Point Break (1991), on sait combien les personnages de Kathryn Bigelow luttent pour tenir debout, face à la mort, malgré l’amour, au prix d’un ballottement pendulaire. Une nouvelle fois, Le Poids de l’eau (2000) dépeint douloureusement cet épuisant vertige, apanage des caractères sensibles : Thomas (Sean Penn) l’entretient par l’alcool, Adaline (Elizabeth Hurley) le terrasse à l’horizontale, Rich (Josh Lucas) chaloupe entre les voiles sans oublier le cap, Jean (Catherine McCormack) s’est projetée ailleurs ou bien disons avant (en 1873), afin de saisir pourquoi Maren (Sarah Polley), hiératique dans l’aplomb du labeur ménager, a jadis choisi de faire tomber les corps, vaciller l’univers ancestral. Tandis que cette dernière décime sa famille, traîne les cadavres, tête haute et gestes contondants, 127 ans plus tard, une tempête éclate sur ceux qui veulent comprendre, réitérant les coups, noyant l’humanité. Deux époques, un simple enjeu, incoercible : survivre ou disparaître. A trop fouiller le passé, on risque d’y rester.