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MARILYN MONROE
La Dernière séance
Par Nicolas VILLODRE


Le musée parisien Maillol présente, du 29 juin au 30 octobre 2006, l‘exposition Marilyn Monroe, La Dernière séance, composée de 59 magnifiques instantanés de la star provenant du fonds Michaela et Leon Constantiner, pris quelques semaines avant sa disparition, en 1962, en seulement deux séances de pose, ce qui, compte tenu de la qualité et aussi de la quantité de clichés emmagasinés (2571 en tout, dont on peut penser que les négatifs sont précieusement conservés dans le coffre d’une banque climatisée) et des tenues différentes arborées par l’actrice, semble étonnant. Les photos furent prises par une autre étoile dans son genre, mais de l’autre côté de la caméra : le bien nommé Bert Stern. Les 59 clichés (2% de la production totale) sont pour la plupart inédits en Europe ; ils firent l’objet d’une expo, en 1982, dans un musée américain puis furent finalement acquis lors d’une vente chez Sotheby’s par le collectionneur new-yorkais Leon Constantiner.

Le photographe, formé par le cinéma aux armées (il réalisa d’ailleurs un excellent documentaire sur le festival de jazz de Newport, Jazz on a Summer’s Day, 1960), est passé par le métier à la fois frivole, capricieux et exigeant de la publicité (il a participé aux campagnes pour Smirnoff, Canon, Volkswagen, Pepsi-Cola, DuPont de Nemours) avant d’être engagé par Vogue. Fort de son bagage technique, il chercha à se rassurer avant sa première rencontre avec la star des stars, son modèle d’un soir : « Je possède mon art de regarder autant qu’elle possède l’art d’être regardée. », écrit-il dans sa préface du livre et du catalogue The Last Sitting.

Séance, mot français par lequel on a traduit sitting, fait songer, surtout accolé à dernière, à la chanson nostalgique d’Eddy Mitchell regrettant les salles de ciné d’antan. Il prend naturellement le sens de ce moment particulier de la prise de vue photographique - qui, comme nous savons, sera la dernière de Marilyn, l’actrice étant morte, tuée ou suicidée, des suites d’une surdose de médicaments peu de temps après. N’oublions pas non plus l’aspect cathartique, communicationnel, disons, plus simplement, psychanalytique, du terme, connaissant le goût de la star pour les gourous en général et pour ceux du divan en particulier - après avoir eu un moment comme thérapeute Anna Freud, la propre fille de Sigmund, Marilyn consulta, peu de temps avant cette ultime séance avec Bert Stern, un autre psychanalyste freudien, Ralph Greenson. N’oublions pas les Thénardier du cabotinage, les Strasberg, censés l’aider à jouer au cinéma ainsi que sur l’autre scène, celle la vie réelle, ou son dernier mari, le soi-disant intellectuel progressiste qui, au lieu de l’aider, aurait plutôt eu tendance à vivre à ses crochets. Aucun de ces illustres personnages, de ces tristes sires (ne parlons pas du sinistre Sinatra et des mafieux en tous genres qui l’entouraient, de Peter Lawford, du clan Kennedy) n’eut d’effet bénéfique sur elle - mais peut-on en avoir réellement sur une junkie  ?