Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

LES VIKINGS
de Richard Fleischer
Par Axel CADIEUX

SYNOPSIS : Au Xème siècle, les Vikings sèment la terreur sur les côtes d’Angleterre. Ragnar, le chef viking, tue le roi et viole la reine. Cette dernière donne naissance à Eric qui sera capturé par les Vikings et élevé comme esclave. Devenu adulte, il affronte Einar, le fils de Ragnar, et le défigure en lançant contre lui son faucon. Quelques temps plus tard, Morgana, la future reine d’Angleterre, est enlevée par Einar qui cherche à la séduire, mais elle tombe amoureuse d’Eric.



Les vikings, réalisé en 1958, est avant tout l’œuvre d’un artisan humble et appliqué. Richard Fleischer n’était pas un auteur, n’a jamais eu de prétention auteuriste et sa filmographie est principalement constituée d’honnêtes divertissements hollywoodiens, dont Les vikings peut apparaître comme la synthèse et l’aboutissement.

Il s’agit en effet d’une épopée relativement classique, mêlant amour, héroïsme et barbarie. Deux hommes, l’un esclave apatride et l’autre grand viking, rivalisent d’amour envers une angélique Galloise qu’ils libèrent du donjon d’un seigneur en s’associant, puis se provoquent en duel pour ne plus la partager. Les thèmes récurrents du divertissement d’époque sont donc tous revisités mais demeurent efficaces et, surtout, continuent de vibrer face à l’objectif de Fleischer. L’artisan nie en effet toute possibilité de dérision ou pire, de cynisme, et s’efface pour consacrer l’hégémonie du premier degré. Le regard est humble et la démarche modeste, le mythe et ses acteurs sont restitués dans toute leur ampleur avec respect et dignité. Fleischer continue donc de croire, d’avoir une foi éperdue en l’imaginaire, et s’impose comme l’un des réalisateurs les plus touchants et humanistes de sa génération. Car sur fond de guerre des terres et de terreur constante exercée par les tyrans locaux et les vikings expansionnistes, l’individu prend bientôt le pas sur la communauté, l’intime sur le général, et se dessine progressivement une puissante lutte fratricide signifiant bien plus qu’un simple et mièvre ressort dramatique.