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WOLF CREEK
de Greg McLean
Par Derek WOOLFENDEN

SYNOPSIS : Trois jeunes randonneurs partent pour trois semaines de trekking dans le désert australien. Ils en profitent pour aller admirer Wolf Creek, un cratère causé par un météorite vieux de plusieurs milliers d’années. Cette nuit-là, ils retrouvent leur voiture en panne. Lorsque un autochtone leur propose de l’aide, ils se croient sauvés. Pourtant, le vrai cauchemar commence...



Dans les films d’horreur, c’est souvent une réalité sociale mise à mal qui refait surface (le cimetière indien dans les films américains en est le leitmotiv le plus représentatif via Poltergeist de Tobe Hooper ou Shining de Stanley Kubrick) ou au contraire les réprimandes meurtrières d’une seule figure, celle autoritaire, machiste ou fasciste qui incarnerait le père fouettard au niveau national (la figure du « boogeyman » de Halloween, La Nuit des masques de John Carpenter à Vendredi 13 de Sean C. Cunningham, des Griffes de la nuit de Wes Craven à Uncle Sam du tandem William Lustig et Larry Cohen).

Les films d’horreur sont finalement les représailles de la fiction sur une réalité qui veut étouffer l’Histoire que ce soit dans un cas comme dans l’autre.

« Il ne doit rien rester qui perpétue la misère. La leçon des ténèbres n’est jamais inscrite au flanc des monuments. La main de gloire qui ordonne et dirige, elle aussi peut implorer ; un simple changement d’angle y suffit » (L’Amour existe de Maurice Pialat).

Le postulat d’un film d’horreur réussi serait donc de nier le prestige historique (de l’Éducation nationale aux médias) lui préférant son aspect sordide occulté (de Fog à Ghost of Mars en passant par Le Village des damnés, le cinéma de John Carpenter est de ce point de vue très pédagogique). Dans le cas de Wolf Creek, c’est moins évident, la réalité sociale triviale de ce qui pourrait être un fait-divers des plus morbides repose sur le non-sens, l’aléatoire, l’accident tout en jouant sur une réalité plausible (l’avertissement qu’il s’agirait de faits réels à l’origine de l’inspiration du sujet du film est récurrent dans les films d’horreur dits « limites » : Massacre à la tronçonneuse, Cannibal Holocaust ou la campagne promotionnelle du film The Blair Witch Project).

Mais Wolf Creek ne veut pas dynamiter le genre, mais le servir intelligemment et utiliser les ressources, voire les recettes de celui-ci pour gagner un temps narratif utile. Trois jeunes décident de partir faire de la randonnée dont le point culminant de leur excursion est « Wolf Creek », à savoir un cratère causé par un météorite il y a plusieurs années, perdu en plein désert australien. À la suite de leur excursion, ils vont croiser la route d’un autochtone, ancien militaire et chasseur de kangourous qui va s’avérer être un dangereux psychopathe...

« - On y est !
- Dieu sait où ! » (Wolf Creek)