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SUPERMAN RETURNS
de Bryan Singer
Par Nicolas VILLODRE

Superman a bon nombre d’ennemis, qui ne sont certes pas tous présents dans cet épisode mais qui feront l’objet de films à venir : Atomicskull, Bizarro, Brainiac, Cyborg Superman, Cythonna, Darkseid, Doomsday, Electra Livewire, Général Zod, Gog, Granny Goodness, Injustice Gang, Jax-Ur, Kalibak, Karkull, Lena Luthor, Lex Luthor, Lobo, Mala, Mercy Graves, Metallo, Mongul, Mr Mxyztplk, Parasite, Preus, Riot, Savior, Toyman, Ultraman, Vandal Savage...



Celui de Richard Donner, en 1978, n’était pas si mal que cela, finalement. C’est toujours ce qu’on dit, n’est-ce pas ?, après coup, d’un objet patiné, car, sur l’moment, sur l’coup, on n’était pas resté sur l’cul, franchement dit. On se souvient certes de la séance de 78 (ou de 79 ?, il peut effectivement y avoir, tenez-vous bien, parfois un an de décalage, voire plus, entre les sorties us-ienne et onu-sienne des films), en compagnie de Dominique Noguez, dans une grande salle de l’Odéon, ce devait être l’UGC - c’est même assez probable. Un peu longuet déjà, certes, entre 127’ et 151’ selon les versions, les pays, les supports. Et pompeux, avec les trompettes de la renommée du nivelant John Williams, qui parvient à caser partout, dans tous les blockbusters d’Américanie et du reste du monde, sa « musique » (sic  !) pour cirque romain ou pour acrobates déboulant juste après les Barios. Et toujours pompant, avec ces séquences apéritives cherchant à expliquer l’abracadabrantesque genèse de l’homme de fer, tout aussi difficile à gober que celle d’Adam (prototype humain fait d’un peu de glaise, qui est, par conséquent, lui-même à l’origine de la légende du Golem, premier surhomme, au sens nietzschéen du terme, ou première créature frankensteinienne) et Eve. Marlon Brando, bizarrement non « substitué », comme dirait le cinéaste expérimental, adepte du super huit, Vikash Dhorasoo, bien que décédé entre les deux épisodes, jouait déjà le rôle de Jor-El, père fouettard à la fois réel et spirituel du héros, Gene Hackman ouvrait la voie aux futurs Lex Luthor, le regretté Christopher Reeve dans le rôle schizo, genre Jekyll & Hyde, de Superman et de Clark Kent, même s’il ne correspondait pas physiquement au portrait robot, publié mensuellement, depuis près d’une soixante-dizaine d’années, par DC Comic’s (mais, après tout, Kirk Alyn, en 1948, trop rembourré, trop vieux, non plus), avait pris le rôle avec un flegme et une distance qui furent remarqués et appréciés à l’époque. Margot Kidder, dans le rôle de Lois Lane, était parfaite, irremplaçable et irremplacée. Les lèvres fines et pincées à la Kate Jackson et l’air vicelard de celle qui en sait (et en fait) plus long qu’on croit, un jeu allusif, dense, retenu, par petites touches, sans les sempiternels moulinets de bras de ces acteurs grimaciers d’outre-océan, déformés par la trop longue fréquentation, en spectateurs ou en intermittents professionnels, de soap operas et autres sitcoms.