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SEBASTIEN MICKE
Photographe
Entretien réalisé
le 1er août 2006 à Paris
Par Bernard PAYEN

Au coeur de l’été 2006, l’exposition « Artistes et Stars par les photographes de Paris Match » a réuni au Musée Jacquemart-André quelques-unes des photos les plus stimulantes d’artistes et de créateurs du monde entier. Parmi ces clichés prenant une dimension singulièrement mélancolique et passionnante avec le temps, ce sont paradoxalement les photographies d’un des plus jeunes photographes de Paris Match que nous avons retenues.

Embauché par le magazine en 1999, Sébastien Micke a signé ces dernières années des portraits impressionnants d’acteurs ou de célébrités. Dans l’exposition parisienne, on pouvait en voir quatre à travers lesquels il a su capter la rêverie éphémère d’une Sharon Stone attendant un ascenseur, de noir vêtue, cachée sous chapeau et lunettes sombres, à mille lieux de l’image trompeuse de l’actrice sulfureuse, mais aussi la profondeur du corps paysage de Rossy de Palma sortant de l’ombre, ou encore le romantisme discret et flamboyant de Lou Doillon, lovée sur un toit de Paris en compagnie d’un aigle, et enfin la classe indéfectible de la chanteuse Mariah Carey en robe de soirée faisant sauter des crêpes dans une (sa ?) cuisine.

Dans cette exposition riche en clichés du passé, les photos récentes de Sébastien Micke ne déparent pas. On peut dire sans forfanterie, qu’il s’inscrit dans la lignée des plus grands photographes de « stars » (si tant est ce que ce terme veuille encore bien dire quelque chose aujourd’hui). Simple, passionné, engagé, attaché à ce magazine Match qui l’a vu grandir en photographie, il a su trouver l’équilibre entre la convention et l’audace, entre les impératifs du magazine « people » et la volonté d’affirmer aussi une véritable identité artistique.

Ses photos sont marquées par le sens du détail (un abat-jour en guise de chapeau pour Roberto Benigni, un oeuf en suspension pour Mariah Carey, une valise mystérieuse pour une photo de la comédienne Marine Delterme prise sur une plage normande, etc.), une façon très étonnante de jouer avec l’espace, et un profond respect de l’autre.

Confiance et instinct lui sont nécessaires pour révéler les mystères de ceux et celles qui passent parfois leur vie à dissimuler leur vraie nature. Et ça marche !
Entretien.



Objectif Cinéma : Comment es-tu venu à la photo ?

Sébastien Micke : J’avais d’abord acheté un appareil photo parce que je trouvais que l’objet était beau. Puis, ensuite, je me suis dit que je pouvais prendre des photos avec ! À l’époque, je faisais des études qui n’avaient rien à voir avec la photographie, je les ai arrêtées pour ne plus me consacrer qu’à ça. Faire de la photo me plaisait, je trouvais que « ça m’allait bien », bizarrement, et que ma tête, mon attitude, fonctionnaient bien avec un appareil photo. J’ai acheté mes premières pellicules, j’ai fait mes premières bobines, et très vite j’ai voulu obtenir pour mes photos la qualité de celles que je voyais dans les magazines. Évidemment au début je ne comprenais rien, je me demandais comment obtenir telle lumière ou tel contraste... Je ne comprenais pas cette magie que j’ai réussie à décrypter au fil du temps.